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C'est parce que les responsables locaux et les citoyens doivent etre au courant des problèmes de la vie en milieux urbains et les promesses déclarées en Algérie, que ce blog est dédié à tout ceux qui cherchent à etre informés et continuent à s'interésser
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Samedi 07 Juin 2008

par El Yazid Dib

Les ruelles ont remplacé les boulevards. Le carrelage supplante le pavé.

La bordure du trottoir n’est plus en pierre taillée. L’agencement des rues ne répond plus aux besoins de beauté et d’esthétique urbaine. Nos villes sont-elles cependant si hideuses ? Faites le tour.


La libération du foncier vers les années quatre-vingts se targuait d’être une panacée devant l’inertie qui greffait la marche du développement. L’on ne savait pas à cette époque ce qu’allait advenir les immenses espaces dégagés dans un cadre appelé les réserves foncières. Pris sur les terres arables, ces étendues formeraient l’assiette de base à de futures agglomérations, qui en fin de compte ne ressemblent ni à des villes, ni à des villages. Un conglomérat d’habitations individuelles. Les mairies faisaient alors des tirages au sort pour l’octroi de lots de terrain. Il suffisait d’une demande griffonnée à la hâte, d’un certificat dit négatif et le lot est en poche. Qu’il soit marginal ou dans une poche vide. Commençait alors une guerre terrible en termes d’approvisionnement en matériaux de construction. Les cartes de clients sont apparues comme une voie exclusive d’accès à cette denrée rare. Le marché noir allait prendre une ampleur jamais contenue et qui se perpétue autant que se perpétue à ce jour la recherche d’un lot à construire. L’Etat vendait le fil d’attache, la gaine et le grain de riz. Il le faisait par l’intermédiaire de sociétés érigées, pour réguler la forte demande. L’intercession, le favoritisme et la corruption grégaire et primitive auprès de ces organismes battaient son plein. Les appellations SNMC, EDIMCO, SNS étaient sur toutes les lèvres. Ces sigles semblaient offrir le paradis terrestre. Il était plus facile en ce temps d’obtenir un visa, qui d’ailleurs n’existait pas, que de pouvoir voir l’un des dirigeants de ces entreprises. Leur rapprochement ou leur amitié constituait la cible privilégiée de la convoitise de tous ceux qui allaient devenir un jour ; de gros potentiels propriétaires foncièrement urbains.

La gestion du foncier n’arrivait pas à suivre le rythme de la régulation du marché. Le fait d’avoir beaucoup de terrains face à l’insuffisance des produits de construction avait vicieusement créé un déséquilibre inouï. Le lot est là, alors que le produit est ailleurs ou n’existe pas. En ce jour c’est le contraire qui se constate. Beaucoup de matériaux, pas de terrains. Malgré cette « faoudha foncière » et à la faveur injustement de celle-ci, la norme la plus élémentaire en instruments d’urbanisme n’était que pur formalisme. L’on faisait signer son plan par la simple apposition d’un cachet on lui adjoignait un devis estimatif et quantitatif, l’on obtenait son permis de construire, l’on établissait ses cartes de client et c’est tout. Ni les délais de réalisation, ni le plan d’occupation du sol, ni les dégagements ou les traitements de façades ne furent objet à un respect rigoureux ou approximati,f encore moins à un contrôle pour forcer légalement ce respect. Cette façon de gérer à la va-vite garde encore des séquelles indélébiles. Un décor brut de briques, de dalles et de parpaings. Des constructions jamais faites, inachevées ou entamées témoignent toujours de cette ruée vers l’auto construction incontrôlée, libre et sauvage. Sans le savoir l’on a pu quand même faire naître des monstruosités. A l’exception de quelques grands centres urbains, toutes les cités ne reflètent que des modèles déplorables. Une forte densité, un sentiment impersonnel, un cadre inhospitalier tels sont les principaux traits qui semblent les caractériser. Une non-gestion y est vite installée.

En plus de cet aspect maussade de l’individuel, l’autre mode de construction en collectif est venu ternir davantage l’image que l’on devait voir en réalité surgir des maquettes exposées et des plans étalés à chaque visite ministérielle ou lors d’inauguration et d’inspection de chantiers. Ces centaines de bâtiments, ces milliers de logements, n’arrivent à faire que le bonheur de leurs initiateurs d’entre walis et promoteurs. Ils n’y habiteront certainement pas. Ces lots d’appartements formalisés sous divers intitulés du logement rural, social, évolutif, participatif, promotionnel ou combiné l’un à l’autre ne sont que des unités statistiques pour atteindre un objectif numérique. Dépourvus dans leur majorité du souci qualitatif, ils n’offrent pas, peut-être devant la pression accentuée de la demande, une sensation agréable à la vue dehors ou à la vie dedans. L’exception étant toujours de règle, l’on apprend néanmoins qu’à Sétif, un certain détenteur des droits d’auteur du LSP aurait exigé que toutes les marches et contre marches des escaliers collectifs soient en marbre dur et pur. Certes, c’est un bond que l’on dit qualitatif, mais qui reste en-deçà des exigences que recommande la vision légitime d’une meilleure vie collective. Un élan soutenu dans l’organisation de la vie sociale.

Mais à vrai dire qui peut être derrière tout ce marasme de mal vie intra-muros ? L’auto-constructeur, le gouverneur ou le concepteur ? L’ensemble, diront les uns. Le denier plus que les autres diront les autres.

Finalement l’on s’aperçoit que gérer une ville demeure plus laborieux que de diriger un peuple. La ville est une idée. Le peuple un ensemble de besoins. Le satisfaire resterait une question de bons de commande tout simplement. Alors qu’avoir une idée, la bonne, la plus utile, la nécessaire et la moins encombrante ce n’est pas un petit jeu. Dessiner la ville dans son ensemble naturel n’est de surcroît un simple coup de crayon et un va et vient rapide d’une gomme.

Toute l’atrocité actuelle de nos villes, bourgs et bourgades a, à l’origine une idée datant dès l’ouverture des transactions foncières. Avec cette affluence vers les lots de terrain qui continue d’ailleurs, les lots marginaux, les quatre façades ; les pourvoyeurs du foncier , les dessinateurs et les créateurs de concepts ne pensaient pas arriver un jour à reproduire des étrangetés inhabitables, ingérables et irrespirables. La densité fait que les « r plus x » étouffent le passant et le résident. Les ruelles ont remplacé les boulevards qui devaient assurer une bonne harmonie architecturale ainsi qu’une fluidité circulatoire. Dans ces béton-villes la vie n’est perçue qu’au crépuscule. Cités-dortoirs ou villes sans âme. Là, dans ces lotissements, dans ces ZHUN, dans ces coopératives immobilières la vie prend un autre sens. Venir dormir et s’en aller. La vie est ailleurs. Dans la place d’antan. Dans le centre ville. Il n’y a plus de différence entre une ville, un village et une campagne. Tout se confond. La ville étend sa citadinité jusqu’à mettre en construction autour de son noyau central des habitations ressemblant plus à des villages qu’à des périphéries. Le village quant à lui, dans son élan expansionniste arrive à défier, sans l’atteindre, la norme citadine qui fait d’une ville une ville. Et là, toutes les nuances sémantiques sont d’actualité : les rutadins, les rurbains, et les citaruraux.

Des maisons gigantesques différemment construites, distinctement décorées sont là comme preuves de l’ingéniosité des concepteurs de normes d’habitation et de règles de proximité. Autrement dit, chaque maison prise à part peut arborer une certaine recherche dans l’embellissement ou l’ornement. Les loggias, les balcons, les voûtes et les toitures forment un joli tout pour exprimer une touche architecturale particulière. Mais une fois posée l’une à l’autre, l’ensemble n’arrive pas à dégager un beau quartier. Les rues sont étroites quand l’espace d’en-bas n’est pas complètement garagé. Avec des rideaux à lames de fer, du barreaudage et de la hauteur inutile, tout devient vilain et repoussant. Que dire alors de ces couleurs inappropriées ou peintures rabâchées ? De ces jardins de proximité clos et clôturés ? De ces espaces dits verts que seule la terre végétale semble en tenir lieu d’hypothèse verdoyable ? De ces regards et caniveaux qui sont là où l’eau pluviale ne se rassemble jamais ? De ces poteaux électriques qui n’illuminent personne ? De ces innombrables locaux fermés et qui truffent horriblement les deux bords de la chaussée ?

Il se passe donc, quelque chose dans la tête de ceux qui assurent la gouvernance et la survie de nos villes et cités. Du moins ceux qui sont en charge de les penser, les créer. Mais où sont donc passées ces places et fontaines publiques d’antan? Seraient-elles remplacées par des toilettes publiques ? Des arrêts spontanés de bus ? Ou des étals de toute-vente ? Pourquoi l’agencement des rues ne répond plus aux besoins de beauté et d’esthétique urbain ?

En somme, il apparaît que le progrès urbain peut être le produit d’une fantaisie. Le type d’hébergement ou le mode de vie urbaine, outre qu’il tend à combler un besoin vital et naturel, semble s’astreindre à des options personnelles. La ville est ainsi le résultat de tant d’efforts éparpillés et distanciés par le temps. J’ai cru lire quelque part que la ville « est un ensemble d’abris habités et de structures qui assument les trois fonctions suivantes: travail, repos et loisir, dans les lieux qui leur ont été impartis, reliés par des réseaux de communication variés, en surface, dans les airs ou en sous-sols. » L’on voit donc que la ville a une fonction et vise un but. « Réussir la vie de ceux qui, à la fois la servent sans être asservis par elle et se servent d’elle sans l’asservir ». Telle devait être la philosophie présidant à la pensée, la création, la gestion et la réhabilitation des ensembles urbains, afin que nos villes ne soient plus hideuses.
publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine
Jeudi 05 Juin 2008
 

A voir le visage hideux de nos villes et villages, l’on ne peut que se demander : A quoi ont servi les milliards de dinars dégagés par l’Etat pour l’amélioration du cadre de vie ?

La question ne trouve pas de réponse pour le moment, mais l’état désastreux dans lequel se trouvent toutes nos agglomérations est largement suffisant pour expliquer une telle situation, en dépit de l’effort financier colossal consenti par les pouvoirs publics à cette fin. Rien que pour la première tranche de 2008, il a été dégagé pas moins de 200 milliards de centimes pour cette opération. Une enveloppe tout aussi importante qui risque malheureusement de prendre le même chemin en l’absence d’une réaction énergique des autorités concernées et d’une politique bien définie en la matière. Le constat est pourtant connu de tous : des chaussées et trottoirs défoncés, un éclairage public défectueux, un environnement fortement agressé et des détritus jonchant le sol en permanence, pour ne citer que ces points noirs. Cela est valable autant pour les grands centres urbains que pour les autres communes. Espérons qu’avec la venue d’un nouveau wali, les choses vont changer dans le sens souhaité par les citoyens.

Par A. Y.

publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine
Mercredi 04 Juin 2008

Fait géographique qui a son importance et qu’on ne peut observer nulle part ailleurs : la nature du calcaire de la roche qui entre pour 80% dans la formation de la montagne du Djurdjura confère à cette dernière un caractère typiquement alpin à nul autre pareil sur tout le continent africain.

Ce trait caractéristique propre à ce relief montagneux va avoir, comme on le verra plus loin en détail, deux influences négatives sur la biodiversité dont le Djurdjura offre un concentré étonnant de richesse : une forte concentration démographique autour du site (81 000 habitants) et le développement de gras pâturages. Si les pâturages prennent de plus en plus d’étendue, c’est au moyen de feux provoqués volontairement et aux dépens des espèces végétales et animales existantes dans ces milieux. L’homme qui est derrière ces actions néfastes en exerce d’autres par le biais de la chasse et du déboisement. Si l’on sait que le village d’Aït Oualbane où se trouve le plus beau site forestier compte 2000 habitants, on se rendra mieux compte de l’étendue de la dégradation permanente qu’un tel voisinage exerce sur lui. Tous ces paramètres défavorables à la microbiodiversité que représente le parc national du Djurdjura justifient la stratégie mise en place par ses responsables pour la préservation et le développement des espèces végétales et animales qui y vivent, ainsi que les ambitieux programmes de mise en valeur des terres par la plantation dans les maquis. Les amateurs de pittoresque pourront garder le souvenir de cette formidable barrière rocheuse qui culmine à près de 2308 m. Témoin impassible, elle a regardé du haut de ses étages géologiques les premiers hommes balbutier et faire leurs premiers pas. Témoin imperturbable encore, elle a assisté à la marche de l’histoire du début à nos jours. Un parc aux dimensions nationale et mondiale. Le parc du Djurdjura a été créé en 1983 par décret présidentiel et déclaré en 1997 réserve mondiale de la biosphère par l’Unesco. Cette décision, qui a fait du site un des plus protégés au monde puisque placé sous l’égide de cette institution internationale qu’est l’Unesco, est sanctionnée par un diplôme remis la même année par le MAB et que le directeur du parc national a placé en exergue dans son bureau pour montrer qu’il n’en est pas peu fier. Au départ, le parc était dit d’attractions. C’était une idée des responsables de la commune qui, pour divertir et amuser les enfants et les jeunes, avaient installé des toboggans, des balançoires et des manèges. L’entreprise connaît au début un succès immense. De nombreuses familles s’y rendaient. Mais sa gestion devenant difficile, les responsables ont laissé place à une entreprise spécialisée dans la production florale. La déconfiture de l’entreprise survenant peu après, le parc fut livré à lui-même. Des couples et des familles continuaient cependant à le fréquenter en raison du cadre féerique qu’il leur offrait. Puis l’insécurité régnant avec le terrorisme qui planait dans ces lieux sauvages à 3 ou 4 km de la ville et plus près encore de la caserne à laquelle il touche par un côté à l’ouest, le parc devait cesser définitivement de recevoir les visiteurs. Mais c’est alors que les responsables du parc national du Djurdjura qui existe déjà demandent et obtiennent après le départ de l’Emifor que le siège du parc national y soit implanté. Aujourd’hui, règnent là l’ordre et la paix à la faveur desquels prospère un petit jardin botanique renfermant 20 espèces végétales dont le merisier, le genévrier, le pin noir, le cèdre et l’absinthe. Du siège partent les directives, les projets et les initiatives en direction des quatre unités qui gèrent le parc national lequel s’étend sur une superficie de 18 550 ha. Car, ainsi que l’explique le responsable du parc, celui-ci est divisé en 4 secteurs : 2 au Nord et 2 au Sud. Ceux du Nord portent les noms de Talaghilef et Aït Ouabane et ceux du Sud, les appellations de Tikjda et Talarana (qui veut dire source en kabyle). Une variété et une prodigalité peu commune. Ce qui donne au parc du Djurdjura un statut national et international qui le classe comme faisant partie du patrimoine naturel mondial, c’est d’abord la prodigieuse variété des espèces floristiques et faunistiques qu’il renferme. Concernant la flore, les services du parc national ont recensé à ce jour 990 espèces. Celles-ci se répartissent en fonction de leur rareté en espèces endémiques (32), rares (145), très rares (70), le reste n’étant pas menacé. Ces espèces menacées de disparition, tels le pin noir du Djurdjura propre au site, le genévrier sabine, qui entre dans la catégorie des espèces très rares, font l’objet de soins particuliers de la part des groupes d’ingénieurs et de techniciens qui travaillent au parc. Afin de les préserver des conditions dégradantes de l’environnement où elles poussent, il a été prévu des réserves intégrales où elles sont à l’abri (clôtures...) La faune qui comprend 27 espèces compte elle aussi des espèces menacées telles que la hyène rayée, la mangouste, la genette et - le croirait-on ? - le lynx dont un couple avec trois petits a été surpris récemment dans sa promenade à travers le parc par un fonctionnaire. D’autres en revanche comme l’ours brun vivaient il y a 5 ou 6 siècles dans le Djurdjura d’après la datation au carbone 14 d’une machoire de ce mammifère découverte il y a peu de temps. Mais on suppose qu’il y vivait au tout début du siècle passé le lion et la panthère. Cette hypothèse est fondée sur le fait que certains lieux portent encore le nom de ces animaux en leur souvenir, tel ce pic nommé « la dent du lion » ou cet autre dit Azrou Ouriles (panthère, dans la terminologie locale). La curiosité d’une chercheuse du CNRS (en France) a été piquée à tel point, raconte le responsable du parc, que jusqu’en 1995, elle passait au parc trois à quatre mois dans le but d’étudier la faune, notamment le singe Magot unique en son genre. L’avifaune (oiseau) comprend, elle, 114 espèces dont 67 sédentaires et 47 migratoires. L’aigle, qui comprend trois sortes (l’aigle royal, l’aigle de Bonnelli et l’aigle botté), et le vautour (le vautour fauve, le percnoptère et le gypaète barbu) forment les échantillons les plus représentatifs des rapaces diurnes de la région. A cet égard, le responsable du parc fait savoir que des mesures fermes sont prises pour l’interdiction de la chasse et cite à titre d’exemple le chardonneret menacé de disparition par une chasse effrénée. L’entomofaune (insectes) n’est pas oubliée et les services du parc national ont pu dénombrer 218 espèces appartenant à 9 ordres. De même, les reptiles et les batraciens sont également préservés des actions dégradantes. « Les scientifiques affirment que le parc du Djurdjura est un labo à ciel ouvert en raison des spécimens qu’il renferme. Tous les sujets d’études sont réunis là », confie le responsable du parc national. Mais attention, avertit-il, au parc on n’est pas des scientifiques. Toutes les activités sont orientées vers la pratique et renouent avec le souci de préserver les espèces vivantes et leur milieu. Cependant, pour aider au développement de la recherche, le parc national a signé des conventions avec les universités de Tizi Ouzou et de Bab Ezzouar ou des instituts et centres de recherche comme ceux d’El Harrach et du CNRS (Paris) permettant aux chercheurs de mener leurs recherches au parc en toutes saisons.

Préserver et développer le patrimoine faunique et floristique national

Le directeur du Parc national du Djurdjura a mis en branle une nouvelle politique qui fait du développement économique local son cheval de bataille pour mener la lutte de manière efficace contre la dégradation de l’environnement. Convaincu qu’on ne peut « mettre sous cloche » le parc pour le soustraire des actes dégradants qui le menacent perpétuellement, le responsable ne tarde pas à découvrir le principal auteur de ces dégradations : l’homme. Il se pose la question : pourquoi ? Bien vite la conclusion s’impose au directeur : la pauvreté, la misère. L’homme a besoin de bois et d’espace pour faire paître ses bêtes. A propos de pâturages qui se développent au niveau du Djurdjura, le responsable du parc fera observer que c’est « la montagne la plus alpine d’Afrique », en ce sens que la roche est essentiellement calcaire (80%), par conséquent favorable à l’alpage (pâturage). Pour permettre au diss dont les bovins sont friands de pousser à profusion, les bergers mettent le feu au maquis qui est souvent à l’origine des incendies qui ravagent nos forêts. Il est permis de pratiquer l’écobuage (terrain brûlé sous surveillance), encore faut-il que toutes les autorités concernées (APC, daïra, wilaya) soient informées avant de développer les pâturages. Pour rendre compte de l’importance de la population qui vit en zone montagneuse et des conséquences désastreuses sur les écosystèmes du parc, le directeur fait savoir que la population avoisine les 75 000 à la périphérie du parc et les 6000 à l’intérieur, d’où le lancement de programmes de mise en valeur dans les maquis. Opérations consistant en le nettoyage, débroussaillage et déssouchage initiées aux côtés d’autres engagées dans le cadre de la lutte contre l’érosion (corrections torrentielles...). Toutes ces opérations sont exécutées par des équipes du parc national. Les bénéficiaires du programme n’interviennent, quand il s’agit de plantation, que dans des actions de suivi qui se résument au débinage et à l’arrosage. Des engagements signés à ce stade du déroulement des opérations lient le bénéficiaire à ces programmes pour permettre la poursuite des objectifs fixés. L’apiculture s’avère un créneau payant pour les gens qui vivent en montagne, c’est pourquoi des opérations sont lancées par le parc national dans cette direction. « On donne un module qui comprend 20 à 25 ruches et on demande au bénéficiaire de ce module de participer à hauteur de 25% », qui explique le responsable du parc. Le module, estime-t-il, représente l’équivalent de 16 millions qui peut donner jusqu’à 3 essaims par an. Avec 3000 DA le kilo de miel, sans parler de la cire que l’on peut vendre, le calcul, selon le même interlocuteur, est facile à faire. D’autres opérations encore, comme le captage des sources, la construction d’abreuvoirs et l’ouverture de pistes en direction des 68 villages existants en montagne - 36 sur le versant nord de Tizi Ouzou et 32 sur le versant sud de Bouira -, sont autant d’initiatives pour améliorer les conditions et le cadre de vie des citoyens afin de détourner de leurs actions dégradantes sur la nature et plus précisément le parc.

Un désastre écologique à échelle réduite

Tout le monde a en mémoire cette triste date, le 30 août 2000. Que s’est-il passé ce jour-là ? Il y a d’abord eu ce vent excessivement violent et chaud venant du sud. On estime les pointes à 100 km/h. Un foyer de feu se déclarait à 5 km en contrebas du parc. En moins d’une heure, affirmait le directeur du parc, il était là. La température a vite grimpé pour atteindre les 44°C. Le vent attisait le feu, rendant toute intervention des pompiers aléatoire. L’absence de pistes rendait la tâche plus compliquée encore. Quand au prix d’efforts surhumains, l’incendie fut maîtrisé, c’était 340 ha dont 145 de cèdre, cet arbre vénérable plusieurs fois centenaire qui sont partis en fumée. Ceux que le hasard ou le voyage a conduit les pas sur ce site sinistré peuvent mieux se rendre compte de l’ampleur de ce désastre écologique à échelle réduite en laissant le regard tomber sur l’immense étendue où le noir des arbres calcinés a remplacé le vert des feuillages détruits. Mais cela c’était hier et une opération de réhabilitation des lieux ravagés par le feu est engagée. L’opération sylvicole consiste à pratiquer le recépage sur le chêne vert (on garde les tiges vigoureuses et on élimine les autres) et à semer en dernier lieu les graines de cèdre. Travail de fourmi qui demande infiniment de doigté et de patience. Des rumeurs ont attribué cet incendie d’origine criminelle à des terroristes qui auraient réagi à la nouvelle selon laquelle des investisseurs étrangers séduits par le site enchanteur de Tikjda avaient voulu lancer plusieurs projets de développement. En tout cas, la ruine des structures d’accueil (chalets, hôtels...) est leur fait. Une opération de réhabilitation de ces structures est en cours. Il est même question du lancement d’un projet pour la construction d’une piste olympique qui porte le nom du gouffre d’Assouel qui plonge à 900 m de profondeur. Mais à condition qu’il n’y ait aucune construction de type hôtel ou chalet sur le site, ajoute le responsable du parc. Une perspective qui n’est pas du goût de ce responsable qui a déjà refusé des projets d’hôtellerie visant la promotion du tourisme sauvage aux dépens de la vie du parc.

Par Ali Douidi

publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine
Mercredi 04 Juin 2008
La wilaya de Tizi Ouzou renferme une biodiversité très riche à l’instar des autres régions du pays. Elle est considérée même parmi les plus élevées du bassin méditerranéen. Cela a fait l’objet d’une rencontre tenue à la maison de la culture de Tizi Ouzou, à l’occasion de la Journée internationale de la biodiversité (22 mai).

Le secteur de l’environnement a identifié un réseau d’aires protégées constituées de 11 parcs nationaux et 5 réserves naturelles à travers le territoire national qui englobent des écosystèmes uniques et représentatifs de la diversité biologique du pays, établis. A cet effet, deux parcs nationaux appartenant à la richesse naturelle de la Kabylie ont été classés dans le même sillage. Le Parc national du Djurdjura, qui se situe dans la région de Bouira, s’étend sur une superficie de 18 850 ha. Il abrite plus d’une vingtaine d’espèces de mammifères. Le beau massif représente le lieu de prédilection de plusieurs rapaces. Il est constitué des plus belles forêts de la région telles les forêts de Aït Ouabane, de Tigounatine.

On peut y visiter les grottes du Macchabée et du Léopard. Il s’y trouve le gouffre le plus profond d’Afrique, près de Tikjda. Le Parc national de Gouraya, situé au nord-ouest de avec sur une superficie de 2080 ha, offre des paysages exceptionnels. Créé en 1984, il n’a été lancé qu’en 1993. Une multitude de sites caractérise la zone : le Pic des singes à 430 m d’altitude, considéré comme l’un des points les plus beaux du site ; le Fort de Gouraya au niveau du point culminant, le tombeau de Lala Gouraya ainsi que des grottes plus ou moins importantes. Malheureusement, ce patrimoine naturel subit une forte dégradation. La faune et la flore sont de plus en plus menacées à Tizi Ouzou, malgré les efforts de prévention et de lutte pour la préservation de la biodiversité de la région.

Les ordures ménagères, qui offrent un spectacle des plus navrants, sont l’un des facteurs les plus nuisibles à la biodiversité. Pour remédier à cela, la direction de l’environnement vient d’achever un centre d’enfouissement technique des déchets. Le CET se localise à Oued Falli, à la sortie-est du centre-ville de Tizi Ouzou.

C’est une décharge contrôlée qui consiste à traiter de manière écologique et rationnelle les déchets de trois communes. En effet, ce centre recevra les déchets ménagers de Tirmitine, Tizi Ouzou et Draâ Ben Khedda afin d’éliminer les décharges actuelles sources de nuisance. Le projet a en fait bénéficié d’une enveloppe de 300 millions de dinars en 2005. D’une profondeur de 50 m, le casier, une immense cuvette, est conçu pour durer plus de 20 ans, avec une capacité de stockage de 370 000 t. Le centre n’est pas encore mis en service, en attendant la réalisation d’un centre de recyclage des déchets. Des bassins de décantation sont en voie de réalisation dans les communes maritimes. On compte 3 à Tigzirt et 4 à Azeffoun. Dans la première commune, on a réalisé une station d’épuration (STEP) de type monobloc qui prend en charge les rejets de 5000 habitants (ville de Tigzirt, plages Tasalast, Feraoun et le port). La station est en phase d’essai et l’on évoque une proposition d’extension. Les travaux sont engagés par la direction de l’environnement et le suivi assuré par direction de l’hydraulique. La ville côtière d’Azeffoun a bénéficié d’un montant de 241 millions de dinars pour la réalisation d’un collecteur d’assainissement et d’une station d’épuration qui sont déjà en service. Le service des réseaux divers et voiries dénonce l’incivisme qui règne à Tizi Ouzou.

Par Goulmane Samira

publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine
Vendredi 30 Mai 2008

Ce qui reste de l’inestimable patrimoine floral que compte le Jardin d’Essai, sauvé in extremis grâce à un plan de réhabilitation, est de nouveau menacé de disparition. Cette menace vient des rejets salins de la gigantesque station de dessalement d’eau de mer d’El Hamma construite sur la face nord du jardin.


Lotfi Mérad - Alger (Le Soir) - La problématique évoquée lors des travaux du premier atelier international sur la valorisation du Jardin d’Essai, organisé par le mouvement écologique algérien avec la contribution de l’Unesco, ouvert hier à la Bibliothèque nationale d’Alger, n’a malheureusement pas trouvé de réponse lors des débats. «Les rejets hypersalins de la station effectués à 350 m du rivage risquent de contaminer la nappe phréatique et de causer la perte d’espèces végétales », avertit Malika Adli, ingénieur au niveau du bureau d’hygiène communal d’Hussein-Dey. Selon elle, une étude réalisée en 2004 a démontré la présence de concentration anormalement élevée de chlore dans l’eau d’un puits situé au niveau de la partie sud du jardin. Les statistiques parlent de pas moins de 600 000 tonnes de saumure qui sont rejetées quotidiennement dans la mer depuis la station de dessalement d’eau de mer d’El Hamma. Les atteintes à l’espace du jardin d’Essai, créé en 1832 sous l’appellation de Pépinière centrale du gouvernement, ne datent pas d’aujourd’hui. A ce sujet, Ghanem Laribi, architecte paysagiste, évoquera la disparition de l’horizon marin et des usages balnéaires du Jardin d’Essai suite à la construction des voies de chemins de fer, de la route moutonnière et l’extension du port durant la période coloniale et, plus tard, avec la construction de l’autoroute et la station de dessalement d’eau de mer et bientôt du tramway. En attendant que le risque de l’hypersalinisation de la nappe phréatique qui constitue la première menace soit réellement pris en compte, le Jardin d’Essai d’El Hamma tente de reprendre vie. Même si les premiers travaux de remise en l’état des lieux ont été effectués avec succès, ce qui permettra de rouvrir ses portes au public «incessamment », reste cependant la mise en place des structures et des équipes scientifiques de recherche, de conservation et d’éducation pouvant permettre au site de retrouver sa première vocation de jardin botanique à travers, notamment, les opérations d’étiquetage des plantes existantes et la mise en place d’une banque de semences. Le directeur du Jardin d’Essai, Abderezzak Zeriat, espère que cet élan continuera.
L. M.

publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine
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