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C'est parce que les responsables locaux et les citoyens doivent etre au courant des problèmes de la vie en milieux urbains et les promesses déclarées en Algérie, que ce blog est dédié à tout ceux qui cherchent à etre informés et continuent à s'interésser
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Vendredi 30 Mai 2008
 

Les rejets de saumure risquent, assurent des spécialistes, de nuire aux espèces faunistiques du jardin botanique. Une réelle menace de pollution pèse sur le Jardin d’essais du Hamma.

Les ingénieurs de l’Agence nationale de protection de la nature (ANN), qui ont participé à l’atelier international sur la revalorisation du jardin, tenu dimanche à la bibliothèque nationale, en ont la certitude. Les rejets de saumure de la station de dessalement, toute proche, pourraient constituer une menace de pollution, alors qu’elle en faisait auparavant l’objet. « Ces rejets risquent d’affecter à brève échéance la nappe phréatique du jardin et par-là même, les plantes dont une grande partie a disparu (plus de 600 espèces, susurre-t-on) », insiste une ingénieur du bureau d’hygiène communal (BHC) de Belouizdad. Preuve en est, les prélèvements effectués, il y a quatre ans, dans un puits qui fait apparaître un taux élevé de chlore. La mise en fonction de la station, qui produira quelque 200 000 m3/jour d’eau, ne fera, soutiennent-ils, que dégrader encore plus la situation du jardin botanique. Georges El Haddad, directeur général de la station, bat en brèche les affirmations des participants à l’atelier organisé par le mouvement écologique algérien (MEA), en collaboration avec l’Unesco, en relevant que des études d’impact sur l’environnement ont été faites avant que la décision d’investir soit prise. Pour M. El Haddad, s’il y a risque de pollution, c’est la station qui en sera affectée en premier. « Le tuyau de rejet est à 330 m de la côte. L’excès de salinité est perceptible sur 50 m. Après, la salinité redevient normale. « D’ailleurs, la quantité du sel retourne dans le tuyau dans une sorte de circuit fermé », assène-t-il, relevant que le Jardin d’essais, qui est à 200 m plus loin, n’a pas de nappe phréatique. L’eau qui s’y trouve vient de la montagne. Autre problème mis en relief par les participants à la rencontre de dimanche, les infrastructures autoroutières venues se greffer au Jardin botanique. Ghanem Laribi, architecte paysagiste, assure qu’aux différents travaux, qui ont « réduit » l’espace tout au long du XXe siècle, s’est ajoutée l’usine qui obstruera la perspective du jardin, surtout du côté ouest. Pour sa part, M. Azzi, directeur de l’ANN, ne s’est pas gêné en affirmant que les travaux menés « au pas de charge » font peser aussi une menace sur les espèces faunistiques. « Le fait d’installer des candélabres risque de gêner les oiseaux. On en avait à l’époque, mais tout le long des passages périphériques. Et on prenait le soin de les éteindre la nuit », atteste M. Azzi. « Aussi, que l’on cesse de parler de détritus ! », car il n’y en a pas. Les familles qui se trouvaient à l’intérieur du jardin en faisaient leur gagne pain. Ces gens ne doivent pas être traités d’indus occupants. » La réplique de Zeriat, directeur de l’EPA qui s’occupe désormais du jardin du Hamma, a été acerbe : « Les installations lumineuses existaient déjà. Nous n’avons fait que remplacer du vieux par du neuf. »

Nadir Iddir

publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine
Vendredi 30 Mai 2008

par Benkoula Sidi Mohamed El Habib *

L’une des problématiques, dure à formuler et qui nous soit soumise, est celle de la ville. Cette notion, aux apparences galvaudées d’aujourd’hui, faisait déjà, au début du siècle dernier, l’objet d’une réflexion profonde, notamment avec les démolitions des fortifications, celles-là mêmes qui ont marqué pour beaucoup d’historiens la fin des villes traditionnelles.

LCes dernières contenaient leur développement, et ne permettaient des extensions en dehors des ceintures qu’en des contextes bien particuliers. Parmi les plus célèbres dans l’histoire des villes, nous citons le cas de Barcelona, un quartier que les gouverneurs de la Barcelone du 19ème siècle ont dû construire pour apaiser la colère des habitants de la ville dont le développement était largement en deçà de l’essor industriel que la province connaissait à l’époque. A travers des cas comme celui-ci, apparaît la nécessité de distinguer la ville, en tant qu’entité urbaine, de ses extensions lesquelles répondent généralement à des besoins bien particuliers d’étalement dans l’espace et son organisation. Ces besoins entrent souvent dans le cadre de stratégies urbaines prédéfinies, elles peuvent être de nature exceptionnellement politique, comme dans le cas de l’haussmannisation de Paris au cours du dix neuvième siècle, ou économiquement spéculative, comme à Barcelone avant que CERDA n’arrive à imposer son plan d’ingénieur. Toutefois, au-delà de ce risque de confusion, auquel nous faisons allusion et dont nous sommes tous victimes, celui de l’usage des notions concepts, il m’apparut intéressant de retenir dans ma lecture de l’introduction de : L’art de bâtir les villes, que SITTE a tenté de dégager ce que CHOAY a appelé des permanences et/ou des règles dans l’organisation des villes anciennes, pour un meilleur agencement des espaces à urbaniser et destinés à répondre à des besoins nouveaux. Cette démarche est celle-là même que des architectes tels que Wright, Perret, Mies, le Corbusier, et bien avant, Viollet-le-Duc, ont utilisée dans leur domaine : l’architecture.

« La démarche de SITTE dans le Städtebau peut être éclairée par celle, identique, de Viollet-le-Duc dans ses Entretiens sur l’architecture. […], Viollet-le-Duc, lui aussi, cherche des règles permanentes, intemporelles, susceptibles de guider l’usage des matériaux nouveaux de l’ère industrielle et d’exprimer ses programmes inédits. » (F. CHOAY).

 En d’autres termes, CHOAY (Françoise) relevait, me semble-t-il, un abus dans l’usage de la notion “ville“ par rapport à nos agglomérations modernes, elles-mêmes composées de villes nouvelles, cités-jardins, banlieues jardins, etc. Elle signale, dans un style bien meilleur que le notre, que la laideur de l’environnement, à cause du rejet de l’idée de l’échec de l’urbanisme moderne du temps de SITTE, fait partie des motifs qui conduisirent cet architecte urbaniste à la rédaction de son célébrissime ouvrage : L’art de bâtir les villes.

La laideur de l’environnement

C’est intéressant de voir à Oran, comment la laideur, qui était en voie d’institutionnalisation pendant les années 1990, sous le couvert du terrorisme, est devenue au jour d’aujourd’hui quelque chose de très officielle.

Oran est un aggloméré de paysages hybrides, sans aucune convenance avec le respect de l’environnement, où les projets médiocres, et sans intérêt d’architecture et d’urbanisme, se multiplient de manière très désordonnée. Ce constat vaut particulièrement pour la périphérie de la ville coloniale. En ce sens, nous remarquons par exemple que les aménagements d’envergure urbaine sont confiés à des architectes, et dans de nombreux cas, à de jeunes architectes qui n’ont eu aucune formation en la matière. Ils ne savent pas ce qu’est un espace urbain, comment l’organiser et l’adapter aux exigences du moment. Leurs interventions se limitent d’une part, à de simples dessins sur papier, très colorés, sans aucun impact positif, ni aucun rapport avec la réalité, et souvent, sans réels desseins, et d’autre part, à de simples réponses techniques aux demandes bureaucratiques de l’administration et ses exigences budgétaires qui appauvrissent les projets déjà pauvres en termes d’idées.

Ainsi, par manque d’idées et à défaut de passion, les commissions consultatives des concours, exclusivement administratives, plutôt incompétentes selon les dires de la plupart des architectes, sont incapables de retenir un bon projet. Elles sont victimes de leur mauvaise réputation : celle de la corruption et celle du désengagement citoyen. Ce qui explique la détérioration de l’environnement urbain, et l’inexistence de projets d’architecture ou d’urbanisme appréciables.

Ce qui est encore plus grave dans ces conditions, c’est d’entendre nos responsables nous déclarer que la laideur est un choix et/ou un passage obligé, une sorte de pis-aller par rapport à la rigidité mal placée du système. En conséquence, dans l’absence d’une réelle volonté politique et par-là, l’inexistence d’une vraie stratégie en terme de pratique et de suivi, dans les domaines de gestion et de développement de l’espace urbain, ne sommes-nous pas au même point que Gaston BARDET lorsqu’il déclarait qu’à : « L’heure actuelle les meilleures bonnes volontés ne peuvent rien en se basant sur les structures municipales actuelles ». En ce sens, puisque l’urbanisme est une véritable science d’observation selon Marcel POETE, le résultat est bien là. Du fait que nous ne pouvons rien attendre de nos administrateurs qui gèrent autre chose que l’air que nous respirons, « Les pouvoirs publics devraient protéger l’air que nous respirons au même titre que l’eau et les aliments que nous consommons. » (Pr. Bordas), il devient légitime de se poser la question sur la nécessité ou le contraire de directions d’urbanisme, des travaux publics, de la protection des forêts, etc. Et à propos de cette dernière, nous regrettons l’édification de son siège à Bir El Djir, une construction affreuse, irrespectueuse de l’environnement, et indigne de la forêt, ou ce qui reste de la forêt au milieu de laquelle cette direction est arrivée. En effet, que pouvons-nous attendre encore une fois d’une direction qui est censée protéger l’environnement forestier et qui ne se dote pas d’un siège plutôt écologique, léger et qui fond dans un paysage verdoyant ?

Sur l’insensibilité de nos responsables

Ce sont les grands architectes qui sont à l’origine des grands concepts d’urbanisme : Le Corbusier, Giovanni, Perret, Gréber, Prost, etc. Et ce sont leurs acolytes qui ont pris en charge les villes qui sont devenues attractives à travers le monde : Berlin, Barcelone et autres. Par ailleurs, de nombreux maires ont pris le relais, et ont fait preuve d’une sensibilité extraordinaire vis-à-vis de leurs municipalités. Comme Bertrand DELANOE qui notait récemment dans son livre La vie, passionnément, « Cette tension entre les exigences des convictions et les nécessités de la gestion m’a toujours préoccupé. Aujourd’hui, j’ai la chance de chercher à la surmonter dans les problématiques passionnantes de la vie parisienne. Nous tentons de toutes les manières possibles de concevoir, au ras du quotidien, une sorte de realpolitik qui ne mette pas entre parenthèses les demandes trop irréalistes, qui s’inspire au contraire de cette part imaginative pour donner du ressort à la gestion. La frustration est parfois au rendez-vous, c’est un fait. Mais quelle satisfaction quand un projet voit le jour ! Ainsi, nous avons légalisé le squat de la rue Rivoli. Ces jeunes artistes, avec leur occupation un peu chimérique et tout à fait illégale de cet immeuble, changeaient l’identité du quartier. La ville l’a donc acheté pour qu’ils y travaillent dans le respect du droit. Ce qui était à l’origine une entreprise un peu folle nous a conduit à trouver une solution efficace pour tout le monde. [..] Il faut chercher à enrichir notre gestion en intégrant les demandes des citoyens, même pour un résultat limité». 

* Architecte -docteur en urbanisme

publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine
Samedi 24 Mai 2008
 

C’est un joli nom camarade, chantait-on dans les années 1960. Et on y croyait ! Ce nom avait comme répondant un autre terme tout aussi beau : socialisme ! On en rêvait résolument.

En mai 1968, l’Algérie pensait encore le construire. Douce époque des illusions dépassées par le temps En mai 1968, la contestation a déferlé l’ancienne puissance colonisatrice. En Algérie, forts d’une formidable lutte de Libération nationale, et d’un enthousiasme révolutionnaire à tout crin, on regarde passer l’événement avec le sourire, presque en plaignant l’arrogante ex-« mère patrie » de cette « chienlit », selon le mot du général de Gaulle. On se contente d’une couverture journalistique bien souvent factuelle des bouleversements qui agitent l’outre-mer, sans commentaires particuliers, ni acides, ni revanchards. A quoi bon ? Le monde court après la Révolution, ici pas la peine de courir, sans recourir aux barricades, elle a pignon sur les grands boulevards. Le 24 avril, Houari Boumediène, président du Conseil de la Révolution, n’a-t-il pas inauguré la plaque du boulevard Che Guevara ? « Le nom du révolutionnaire cubain sera ainsi associé à ceux des héros algériens », écrit l’éditorialiste d’El Moudjahid. Le lendemain, 25 avril, la voiture du président Boumediène est mitraillée à la sortie du Conseil des ministres. Tout n’est donc pas rose au pays du « 19 juin 1965 » ? Peccadilles ! Le 8 mai, la presse rapporte la mise hors d’état de nuire des instigateurs et auteurs. Le principal responsable serait Amar Mellah, ex-commandant, en fuite depuis la sédition du 14 décembre 1967... Ne cherchez pas plus loin, car déjà la propagande officielle tout en multipliant les messages de soutien « populaire », veut mobiliser : « Jeunesse qui gronde qui observe qui espère » titre en gras El Moudjahid à propos de la Journée mondiale de la jeunesse. Le secrétaire général du parti, Kaïd Ahmed, l’indique : « Le salut est dans le combat ». Belle promesse hypocrite à l’heure où les intentions, sous la vertu de belles idées nobles, sont à la sclérose organisée de la vie publique et à l’embrigadement « sous l’égide » (ce mot va devenir rapidement à la mode) d’un mouvement unique en création, pour court-circuiter les velléités militantes indépendantes. S’agiter ou gronder oui, mais « dans le cadre » ! « Il revient à la commission jeunesse (du FLN) de dire comment unifier les mouvements de jeunesse sous une même autorité en marge du rôle de responsabilité politique, d’antichambre du parti que sera l’avant-garde sélectionnée de cette jeunesse : la JFLN. Kaïd Ahmed a mis l’accent sur les risques d’identification de notre jeunesse à une jeunesse étrangère évoluant en milieu capitaliste et bourgeois. » Et, dans son analyse, le plus sérieusement du monde, le journaliste d’El Moudjahid, Kamel Belkacem, explique : « Huit millions de jeunes à guider, à former, à orienter et à contrôler n’est pas une affaire facile et l’on sait ce que cela coûte dans d’autres pays quand les responsables s’en désintéressent tant au niveau de la structure familiale qu’à celui de la société en général. » Suivez le regard vers la France qui explose. Pas de ça chez nous. « Contrôler ». Le mot est dit. Le lecteur a appris à lire entre les lignes les articles du quotidien national en langue française : on verrouille, et pour longtemps ! Ainsi, le journal annonce « l’annulation pure et simple parce que anachronique et contraire à nos principes de la loi de 1901 qui favorise actuellement l’existence et la prolifération d’associations diverses de la jeunesse ». Seuls les concernés alors par le militantisme « hors cadre » comprendront l’abandon de ce legs colonial qui permettait une respiration sociale, et dont a profité le mouvement national pendant la nuit coloniale. En France, les rues clament qu’« il est interdit d’interdire » et exigent « l’imagination au pouvoir ». Ici on installe un projet mythique derrière lequel tous doivent se ranger sous une bannière unique : la « Révolution socialiste ». Le 19 mai, Journée de l’étudiant, en référence à mai 1956 avec la désertion de l’université des étudiants algériens, le « pouvoir révolutionnaire » se veut magnanime : « Pour l’insertion de tous les étudiants dans les rangs de la Révolution. « Le Président a ordonné la libération des étudiants détenus », titre El Moudjahid. Qui sont ces détenus ? Des communistes en mal d’existence, des gauchistes, des Berbères… Ce n’est pas le journal qui le dira. L’édito se contente de préciser : « Les malentendus qui ont pu surgir ne sauraient être assimilés à des divergences de fond (…) toutes les énergies progressistes doivent se mobiliser pour défendre les acquis (…) qu’on doit protéger de l’impérialisme aussi bien que de la réaction interne ». Tout est sous-tendu par une bonne cause : « Socialisme, c’est une vie meilleure pour tous ». Le titre barre la page 3 du quotidien El Moudjahid le 1er juin 1968. Les 14 et 21 mai le « pouvoir révolutionnaire » a décidé la nationalisation d’entreprises privées étrangères. Deux nouvelles vagues successives qui augurent d’un « paradis » enfin restauré. Les travailleurs à la Maison du peuple exultent : « Les ouvriers débarrassés aujourd’hui du patronat étranger sont conscients de la mission importante qu’ils doivent mener à bien, celle de la production ». Et on insiste : « Cette importante étape vers la libération économique reflète la fidélité du pouvoir révolutionnaire à ses engagements pour la réalisation des objectifs socialistes ». Alors qu’en France on proclame : « Solidarité ouvriers, étudiants, artistes » ou le définitif « Le pouvoir aux conseils de travailleurs », on se glorifie à Alger d’être en avance, alors que les nouveaux textes sur l’autogestion (revendiquée à Paris) sont ici dans les cartons, et que la nationalisation totale est en marche. Eux là-bas se battent, ici on « progresse ». Pour cela le chef de file de la révolution, à savoir le FLN, va être « réorganisé ». C’est la grande affaire de ce mai 1968 à Alger. « Le parti va procéder à la sélection de l’avant-garde révolutionnaire ». Sélectionner, contrôler, on sait ce que cela va donner comme sclérose nationale, pendant au moins 20 ans, jusqu’à ce fatidique mois d’octobre 1988 où la cocotte minute finira par exploser, comme un mini « mai 68 » à l’algérienne, rapide, brutal et dont le FLN fera les frais.

 

Walid Mebarek

publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine
Samedi 24 Mai 2008

La « bidonvillisation » ne cesse de gagner du terrain dans la wilaya de Bouira. Le vieux bâti, ou tout simplement l’habitat précaire est un phénomène que d’aucuns parmi les responsables, qui se sont succédé à la tête de la wilaya, ne sont arrivés à éradiquer. Pourtant, les programmes et autres décisions ne sont pas ce qui manque à ce niveau.

Pour s’en convaincre, les statistiques sont là et la réalité beaucoup plus édifiante dans la mesure où les vieilles mansardes continuent à faire office de logis. Des familles déshéritées sont souvent logées dans ces conditions. En dépit des différents programmes mis en oeuvre par les pouvoirs publics pour juguler la crise du logement, l’habitat précaire demeure une réalité insondable, estiment des spécialistes. Pour ces derniers, les mouvements « migratoires » accueillis par les bidonvilles sont loin d’être contrôlés et les véritables bénéficiaires des opérations de relogement sont souvent noyés dans ce flux. Ce qui accentue la difficulté de prise en charge. A Bouira, la précarité demeure une réalité amère et les bidonvilles continuent à faire le décor de plusieurs localités. Les chiffres fournis par les services compétents sont pour le moins effarants. Ainsi, l’on dénombre 23 442 habitations précaires à l’échelle de toute la wilaya, dont 5 956 en zone urbaine et 17 486 en zone rurale. Pour les bidonvilles, les statistiques établies en 2007, portent leur nombre à plus de 1000 unités recensées au niveau du seul chef-lieu de wilaya. Ce à quoi s’ajoutent les quelque 2087 habitations menaçant ruine et plus de 10 000 autres construites à base de torchis appelé communément « toub ». Devant cet état de fait, les autorités concernées ne sont pas restées dans l’expectative pour autant que des programmes de relogement ont été initiés pour tenter de colmater un tant soit peu le déficit constaté. La gestion de ces sites « misérabilistes » étant pour le moins délicate, mais un effort croissant est consenti, affirme-t-on auprès de l’administration. C’est dans cette optique qu’au moins 8 sites sont réservés spécialement pour le recasement des familles vivant dans la précarité la plus absolue. Un effort soutenu par les différentes autres formules de réalisation de logements, à l’instar du LSP, LP, RHP et autres. Le gros lot demeure pour ainsi dire celui du plan quinquennal (2005-2009) dont pas moins de 11 650 unités (autoconstruction) sont prévues à la réalisation. Les statistiques portent le nombre d’unités réalisées à 3360, auxquelles s’ajoutent quelque 3806 autres en voie de réalisation. Les retards enregistrés quant au lancement des projets restants, dont le nombre est de 2684, ne démotivent pas les responsables concernés qui semblent confiants quant à l’achèvement dudit plan à son échéance (2009). Cependant, il demeure utile de noter qu’en plus des retards, enregistrés, il y a l’incommodité des habitations proposées en remplacement. Notons enfin que les retards que ce soit dans la réalisation et/ou l’attribution, se posent avec acuité, ce qui rend l’éradication de l’habitat précaire difficile. A titre illustratif, sur les 4758 LSP (logements sociaux-particpatif) prévus, seuls 193 ont été réalisés. 2291 logements sociaux-locatifs sur les 4500 prévus attendent le lancement.

Yuva Khaber

publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine
Mercredi 21 Mai 2008

Par cause de cette réflexion individualiste et orientée vers le sens contraire du combat noble, ce sont certes les citoyens qui payent le prix de la démarche actuelle d’amélioration urbaine, mais vu l’état de déliquescence de nos milieux urbains, c’est bien l’Algérie qui en paye le grand tribut, car tous les indicateurs utilisés pour apprécier la situation d’un pays classent l’Algérie au-delà de la 90e place et notre capitale se compte déjà parmi les villes les plus sales du monde, car déjà beaucoup de pays arabes et africains, avec des moyens financiers loin des nôtres, arrivent et réussissent à améliorer leur situation d’amélioration urbaine ainsi que le cadre de vie de leurs citoyens, car ils ont su s’intégrer dans la mondialisation de l’architecture du paysage, en tant que système d’amélioration urbaine actif au sein d’un processus de gagnant sans être une victime des clivages individualistes des élus locaux et des architectes ou ingénieurs paysagistes égoïstes. Parce que ce sont bien les vrais patriotes spécialisés en amélioration urbaine et en particulier les architectes paysagistes, qui ont la grande responsabilité envers la réussite du cadre de vie des citoyens, puisqu’il est impératif aujourd’hui en Algérie, que les autorités locales, par le biais des architectes paysagistes ainsi que les spécialistes en amélioration urbaine, puissent changer de démarche de réflexion et de travail, car jusqu’à maintenant, les réactions individuelles et ponctuelles n’ont pas encore conduit à des révolutions et seuls le travail de réflexion commun et une stratégie à moyen et long termes pourra permettre à nos compétences en amélioration urbaine de reprendre leur place dans le développement des milieux urbains de notre pays, tout en agissant en toute indépendance pour l’intérêt de leurs citoyens, afin que l’évolution de ce nouveau métier de l’architecture du paysage ne restera pas toujours embryonnaire en Algérie. Les données de la situation du cadre de vie de nos citoyens au sein de nos milieux urbains confirment que nos agglomérations sont vraiment au bord de l’asphyxie, comme l’a déjà dénoncé le président de la République devant les cadres de l’Etat, ce qui implique que notre pays est loin de pouvoir frapper à la porte des nations émergentes ou en transition dans le domaine du cadre de vie des citoyens et de l’amélioration urbaine, car le système actuel de gestion des projets urbains qui gère le passage de nos agglomérations de milieux urbains moches à des villes agréables, possède toujours le même esprit, les mêmes idées ainsi que les mêmes outils et démarches qui ont été utilisés déjà durant les années du bricolage, qui ont suivi la proclamation de l’indépendance algérienne et qui a déjà conduit notre pays à un échec réel et flagrant que nous sommes en train de vivre aujourd’hui. Grâce aux architectes paysagistes et aux spécialistes en amélioration urbaine qui jouissent d’une compétence reconnue en Algérie et obtenue pour maintenant à l’étranger, ainsi que d’une intégrité admise par tous, l’Algérie pourra vraiment constituer autour d’eux des groupes ou des associations de spécialistes en amélioration urbaine pour devenir, grâce à leur crédibilité et leurs compétences, des facteurs ou des moteurs de changement qualitatif progressif de nos futurs milieux urbains, car la création d’une telle dynamique est dans la limite du possible et vraiment souhaitable puisque elle est la seule alternative possible en Algérie, pour que les mentalités et les visions de nos responsables locaux et de nos citoyens ainsi que de nos décideurs des programmes d’amélioration urbaine puissent enfin s’orienter vers le bon sens, afin que nos milieux urbains puissent nous fournir un meilleur cadre de vie.

La composante actuelle du travail des architectes paysagistes exerçant en Algérie, dans un but officiel de faire améliorer le paysage urbain de notre pays, ne montre aucun indice d’espoir pour un réel changement des méthodes actuelles de gestion de l’amélioration urbaine, puisque jusqu’à maintenant, la démarche individualiste des architectes paysagistes algériens n’a fait que de donner plus de moyens d’intervention pour les faiseurs de jardins disparates, au point qu’ils se proclament des paysagistes et se prétendent comme les vrais spécialistes en aménagements paysagers dans le but d’agir et d’intervenir dans le cadre d’amélioration urbaine et du cadre de vie des citoyens algériens, sans qu’ils soient vraiment diplômés en architecture du paysage. Parce que le nombre des architectes paysagistes en Algérie se compte sur les doigts des mains, qu’il est primordial que les architectes paysagistes algériens se rapprochent et s’associent avec leurs collègues magrébins, afin de défendre leur statut commun d’architecte paysagiste et d’agir comme une seule entité au niveau de tout les pays maghrébins, dans le cadre de l’idée du grand Maghreb, tout en exploitant l’occasion récente où en janvier 2008, il a été autorisé par la section Afrique et Moyen-Orient de la Fédération Internationale des Architectes Paysagiste (IFLA) de créer la première Association internationale arabe pour les architectes paysagistes dont le siège est à Dubaï et qui porte le nom de la « Greening Association for Landscape Architecture» (GALA). Suite à la domination de la civilisation romaine et l’avènement de la civilisation musulmane, les ancêtres des Maghrébins se sont retrouvés sur leur terre, en face de la tâche difficile de construire la ville et son jardin bien qu’ils n’étaient pas destinés à cette nouvelle fonction pour y faire une tradition ancestrale et devenir la matrice du concept des aménagements paysagers en milieux urbains. Aujourd’hui, les Maghrébins ne leur reste de cette exploit historique que le réflexe des nomades et la destruction des guerriers berbères, puisque leurs zones urbaines sur l’ensemble du territoire maghrébin ont des espaces verts qui sont au bord de la décadence et que la croissance urbanistique continue à se disloquer de jour en jour, au point que les murets se fissurent et les carrelages se brisent, même si, en théorie, les urbanistes et les architectes n’ont pas cessé de travailler, pour gérer ces zones urbaines et leurs aménagements d’espaces verts depuis que le grand-père est parti et que le petit-fils a repris son héritage. Anticiper le paysage des milieux urbains maghrébins, tout en anticipant le cadre de vie de leurs citadins, est devenu une nécessité primordiale pour les agglomérations de ces pays pour que leurs habitants puissent enfin vivre avec une grande conscience civique envers leur cadre de vie et la conservation de leur paysage urbain avec des espaces verts, tout en continuant à anticiper la tradition ancestrale de leurs ancêtres, car même si les acteurs actuels dans le domaine de l’amélioration urbaine sont multiples, à l’exception de quelques cas rares au Maroc et en Tunisie, on se tourne rarement vers les architectes paysagistes car les autorités locales de ces pays persistent toujours à les appeler « Jardiniers » tout court. La réussite de l’anticipation du paysage urbain maghrébins ne peut être totale que par l’unification de l’ensemble des architectes paysagistes maghrébins dans une association des architectes paysagistes annexée, car la réintégration de cette branche de spécialistes en amélioration urbaine dans le concert des vrais spécialistes en architecture du paysage afin de réussir des aménagements urbains au sein des pays maghrébins, ne peut être réalisée que par une prise de conscience de la part de nos autorités politiques des différents exemples des réussites urbaines grâce au savoir-faire des architectes paysagistes comme celui qui a été réalisé, en un laps de temps record, par la grande expérience de ces dernières années à la ville de Barcelone, puisqu’elle a su trouver le chemin de son renouvellement paysager et de sa croissance urbaine grâce à l’intégration des architectes paysagistes dans son projet d’amélioration urbaine après avoir connue la sinistrose au point de devenir un modèle même pour la ville du Québec et pourtant, elle est sous les mêmes conditions climatiques que ceux de nos agglomérations maghrébines.

Comme l’aménagement paysager des milieux urbains est l’organisation globale et concertée de la ville, qui, en premier lieu, destinée à satisfaire les besoins des populations en réalisant des équipements adaptés et en valorisant les ressources naturelles et du patrimoine historique, la notion de l’architecture du paysage, dans le cadre de la croissance urbaine des pays maghrébins ne pourra être instaurée qu’avec un dialogue entre l’ensemble des architectes paysagistes maghrébins et les différentes autorités centrales et locales de l’ensemble de ces pays, tout en acceptant à intégrer l’ensemble de la société civile, afin que la réussite du paysage urbain des différentes agglomérations des pays maghrébins soit totale. Anticiper le paysage urbain maghrébin tout en le façonnant avec un vocabulaire urbanistique ne peut être que le fruit d’un travail acharné de la constitution d’une équipe de spécialistes en architecture du paysage et installée au sein des différents pays maghrébins, puisque unis par le même devoir de mener par un savoir-faire d’architectes paysagistes, afin d’améliorer le cadre de vie des citadins aux sein des différents milieux urbains maghrébins.

Puisque les bases de création des nouveaux paysages urbains modernes, qui ne sont tenues que par les normes modernes de l’architecture du paysage, sont en général ignorées au sein des différentes agglomérations maghrébines, les limites d’anticipation des architectes paysagistes dans les différentes politiques d’amélioration urbaine resteront encore mal exploitées par les autorités locales maghrébines, là où les pensées architecturales, urbanistiques sont défaillantes.

Il est aujourd’hui nécessaire de mettre en place cette nouvelle stratégie globale pour la réussite des aménagements paysagers de nos milieux urbains au sein du grand Maghreb, et cela en sachant exploiter le peu des architectes paysagistes encore existants sur le terrain, grâce à la création d’une entité d’unification et en ouvrant, par la voie au transfert, des savoir-faire au sein des instituts ou des écoles de formations des futurs spécialistes maghrébins en architecture du paysage, une collaboration avec les spécialistes en architecture du paysage des pays de la rive nord méditerranéenne et des pays francophones à travers le monde comme ceux du Québec, de la Belgique et de la Suisse, afin que dans un avenir proche, nos pays maghrébins puissent enfin aboutir à la réussite de l’utilisation de façon plus efficiente de leurs espaces urbains au sein de leurs milieux urbains, tout en donnant une meilleure croissance paysagère à leurs agglomérations, car pour la réussite de cette urbanisation moderne des zones urbaines maghrébines, il n’existe pas en la matière de solutions définitives, mais une compréhension de la cellule des architectes paysagistes maghrébins, par leurs responsables politiques afin de leur permettre de concevoir et d’apprécier le projet paysager urbain de façon plus éclairée, tout en s’attachant à recevoir un patrimoine et à le transmettre en l’améliorant de façon à ce qu’il bénéficie pour les citadins de l’ensemble des zones urbaines maghrébines et cela, grâce à la mise en place sur l’ensemble de ces pays, d’une nouvelle stratégie de gestion du paysage urbain, car maintenant, il s’avère nécessaire pour les pays maghrébins de faire faciliter la mobilisation des moyens adéquats, afin que la réussite de l’amélioration urbaine et du paysage urbain soient d’autant mieux défendue par une majorité de la population qui y habite et qui aspire à un meilleur cadre de vie au sein de leurs agglomérations, car en ce moment, chacune de nos agglomérations disposera, pour longtemps, des aménagements paysagers où on trouvera des trottoirs aménagés, des routes maîtrisées, au moins un jardin public ou un jardin de détente et de loisirs munis avec des terrains de sport et de jeux pour enfants à proximité de chaque cité ou zone d’habitation, et cela parce que l’architecte paysagiste maghrébin saura aimer son métier et cherchera beaucoup plus à le servir qu’à se servir de lui, afin de s’imposer face au paradoxe actuel de la politique d’amélioration urbaine au sein de l’ensemble des pays maghrébins.



par Meziane Abdellah *

* Architecte paysagiste, Lakhdaria Algérie.


Diplômé de Versailles et membre de l’AAPQ et de l’ASLA.
publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine
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