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C'est parce que les responsables locaux et les citoyens doivent etre au courant des problèmes de la vie en milieux urbains et les promesses déclarées en Algérie, que ce blog est dédié à tout ceux qui cherchent à etre informés et continuent à s'interésser
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Mercredi 21 Mai 2008

par Meziane Abdellah *

1ère partie

La part de l’enveloppe budgétaire de l’année 2008 du programme présidentiel pour le développement de l’amélioration urbaine, seulement pour la wilaya de Bouira, est, selon le directeur de l’Urbanisme et de la Construction, de plus de 380 milliards de centimes.

Si l’Algérie possède 48 wilayas, durant seulement l’année 2007, l’Etat algérien leur a réservé plus de cent milliards de dinars, afin de faire traduire sur le terrain de nos milieux urbains, une amélioration urbaine où il y aura plus de propreté et d’attrait paysager des villes modernes.

Les travaux de 12 opérations sur les 17 inscrites au titre du programme quinquennal 2005-2009 pour l’aménagement urbain et la promotion du cadre de vie des communes de la wilaya de Naâma ont été achevés, selon le directeur de l’Habitat et de l’Urbanisme. Ces opérations, pour lesquelles un montant de 4,5 milliards de dinars a été alloué, sont destinées à l’extension et la rénovation des réseaux d’assainissement, la voirie, l’éclairage public, les trottoirs, le désenclavement des quartiers défavorisés et l’aménagement des espaces verts à travers les 12 collectivités locales de la wilaya, alors que parmi les projets, concrétisés et inscrits en 2005, figurent l’aménagement de six sites (60 millions de DA), et qu’en 2006, il a été concrétisé trois autres actions sur les cinq inscrites pour un montant de 120 millions de DA, touchant six quartiers donc 8 opérations sur un total de 14, inscrites en 2007, où 120 millions de DA ont été achevés. Bien que durant ces dernières années, pour faire avancer l’amélioration urbaine de nos villes et villages, l’argent de l’Etat coule à flots au sein des directions des wilayas, puisque même le président de la République y a consacré des discours et que depuis déjà deux ans, une loi d’orientation de l’amélioration urbaine y a été adoptée, sur le terrain de nos milieux urbains, rien de concret n’a été réalisé réellement pour montrer les signes d’une vraie réussite d’un projet d’amélioration urbaine et cela malgré les colossaux budgets qui ont été normalement consumés, selon les dires des directeurs concernés. En visitant seulement les chefs-lieux des wilayas de Bouira ou de Nâama, à l’instar de nos autres agglomérations, nous constatons que ces villes sont toujours sales et leurs gestions continuent toujours à se détériorer au point que l’ensemble de nos milieux urbains agonisent par faute d’incompétence de ces pouvoirs publics, à commencer par les walis et les chefs de daïra, qui ne font rien pour y remédier à ce problème crucial de la vie quotidienne de nos citoyens, au point que tout visiteur étranger de nos agglomérations est frappé par le degré d’insalubrité jamais égalé au niveau de nos différentes agglomérations et cela, bien qu’il existe une volonté politique de relance du tourisme en Algérie, afin de faire la concurrence à nos voisins méditerranéens et aboutir à la promotion de la politique touristique en Algérie, dans un but d’assurer un meilleur avenir à nos milieux urbains et à nos générations futures.

Selon les normes internationales exigées par l’Organisation Mondiale de la Santé, chaque habitant d’un milieu urbain doit avoir une couverture végétale de 10 m², mais si actuellement chez nous, même les citadins de notre capitale ne disposent que d’un m²/habitant, ce n’est que parce qu’au moment où certaines villes modernes réussissent à atteindre même les 40 m²/habitant, comme Londres et Amsterdam. Si nos agglomérations suffoquent dans la pollution et manquent d’espaces verts, ce n’est que parce que aujourd’hui, ni les autorités locales, ni les citadins ne se soucient plus de leur cadre de vie pour veiller à la préservation des espaces verts publics, comme l’a prouvé le cas du jardin de la Palestine de la ville de Lakhdaria, où le 27 janvier 2008, sous les yeux des hautes autorités de la ville et des citoyens de la ville, plus d’une centaine d’arbres et arbustes ont été arrachés avec un âge de plus de trente ans, et cela bien que la loi de gestion et de protection des espaces verts a été adoptée le 13 mai 2007, car ce qui importe le plus pour l’Algérien d’aujourd’hui, c’est qu’ils puissent encore faire de l’argent au détriment des autres puisque même au sein de son propre jardin, il n’a plus la patience de voir pousser les végétaux au fil des saisons.

Aujourd’hui, en terme de projet d’amélioration urbaine, chacune de nos wilayas est capable de nous montrer son propre schéma directeur, qui montre des milieux urbains avec des dizaines de jets d’eau et autres espaces verts ainsi que des trottoirs aménagés à l’européenne. Mais si ces projets de présentation ne sont souvent que du matériel stocké sans une réalité sur le terrain, ce n’est que pour être présenté aux hautes autorités de l’Etat lors de leurs visites au sein de ces wilayas, puisque leur exécution ne dépasse jamais ce stade, car c’est toujours les mêmes schémas qui sont présentés aux différentes autorités et cela depuis plusieurs années, ce qui explique une des raisons pourquoi depuis quelques années, nos milieux urbains n’ont pas changé d’un iota. Depuis quelques années, certains architectes paysagistes algériens n’arrêtent pas de faire des analyses, affinent leurs diagnostics sur la situation de la politique d’amélioration urbaine en Algérie, tout en proposant des solutions pour la résolution de ces différents problèmes de gestion des milieux urbains. Mais si aucune initiative n’a vraiment réussi à déboucher sur des actions concrètes de terrain au sein de nos différentes agglomérations, ce n’est que parce que les forces intellectuelles algériennes intervenant dans le processus de l’amélioration urbaine de notre pays, n’arrivent pas à faire une alliance de leurs réflexions, même si beaucoup de ces spécialistes en amélioration urbaine et des aménagements paysagers sont conscients que nos milieux urbains méritent mieux de ce qu’ils sont aujourd’hui, puisque l’impact de leurs réflexions sur l’évolution des aménagements paysagers des milieux urbains et de l’amélioration du cadre de vie de nos citoyens demeurent insignifiantes devant les agissements d’ingratitude de nos autorités locales et de nos politiques parce que au moins deux raisons majeures peuvent apporter une explication sur cette incapacité d’agir contre un système d’amélioration urbaine ancré dans le paysage politique depuis presque cinquante années, afin d’influer et de peser dans le processus décisionnel, dans le cadre de l’amélioration de nos milieux urbains en Algérie. La première raison est due au comportement de la majorité de ces spécialistes puisqu’ils manifestent une absence totale d’une vision stratégique commune, comme une démarche à suivre pour avoir une sorte de « compromis historique en amélioration urbaine », et qui laisse de côté les clivages idéologiques pour se détourner du seul objectif stratégique, qui est de participer activement dans les projets d’amélioration urbaine à but politique, afin de se rapprocher des hautes autorités locales dans le but de faire fonctionner leurs entreprises pour s’installer dans le système actuel du marché public grâce aux pratiques d’influences et sortir leurs propres économies de la déroute financière grâce à la concurrence déloyale. La deuxième raison est que si dans les pays développés comme le Canada, les Etats-Unis, l’Australie et l’Angleterre, l’architecte paysagiste a son propre statut pour y travailler et qu’au sein des autres pays développés qui n’ont pas encore reconnu ce statut primordial, l’architecte paysagiste est considéré comme l’ambulancier de l’urbanisme moderne, car sa position dans l’amélioration urbaine est forte et influente.

En Algérie, malgré le peu d’architectes paysagistes existant sur le territoire national, chacun de ces spécialistes en architecture du paysage réfléchit à son propre statut financier tout en continuant à se mélanger avec les faiseurs de jardins disparates, au lieu d’oeuvre vers un regroupement associatif pour pouvoir mener un combat collectif, afin d’exiger aux politiques la création d’une école de formation d’architectes paysagistes et l’instauration d’un statut pour la reconnaissance, en Algérie, de l’architecture du paysage comme modèle d’intégration du concept paysager dans la politique d’amélioration urbaine algérienne, à l’instar des avantages que possèdent déjà les architectes en bâtiment et les urbanistes algériens.

Dans notre pays, le peu d’architectes et ingénieurs paysagistes algériens, qui exercent sur le terrain des collectivités locales, se sentent tellement exclus par rapport aux architectes et aux urbanistes, qu’ils ont opté, même souvent volontairement, pour l’indifférence face à ce que font nos décideurs dans les projets d’amélioration urbaine et de l’amélioration du cadre de vie des citoyens, puisque même si certains ont opté pour des actions individuelles pour combattre l’indifférence de nos autorités locales dans leur logique des projets paysagers d’amélioration urbaine et la reconnaissance du métier de l’architecture du paysage en Algérie. Face aux autorités politiques de notre pays, ces actions restent souvent sans aucun effet sur l’évolution de l’intégration des architectes paysagistes dans le processus d’amélioration urbaine de notre pays et cela, malgré les différentes félicitations internationales pour un travail exemplaire réalisé au sein de la nouvelle ville de Aïn Témouchent parce que le travail des uns a été caché par les actions des autres qui ont su trouver les meilleures méthodes individualistes pour s’intégrer dans le système par le biais d’associations ou d’entreprises de grandes envergures sur le thème des jardins d’Algérie, tout en oeuvrant de l’étranger dans un but chimérique de soi-disant pousser le système à se réformer de l’intérieur, avec une intention d’opportunisme pour se dissoudre pleinement et complètement dans le moule réservé par le système aux architectes en général.

Cette dispersion et l’absence d’une position fédératrice pour des actions communes de la part de nos architectes paysagistes bénéficient avant tout, au système local en place, qui, malgré un combat mené par certains spécialistes suite à une série d’actions à travers des débats et des réflexions, continue à gérer l’amélioration du cadre de vie de nos citoyens au sein de nos milieux urbains avec des méthodes qui continuent à privilégier les bureaux d’études en architecture pour la restauration et la réalisation des projets d’espaces verts dans le cadre du programme nationale d’amélioration urbaine.

Ce qui a rendu les architectes paysagistes algériens incapables d’influer sur les décisions des autorités compétentes locales en amélioration urbaine et de retrouver leur place dans le cercle des maîtres d’oeuvre pour contrer la maîtrise d’ouvrage, c’est parce depuis les années quatre-vingt, les responsables de la maîtrise d’ouvrage, en Algérie, sont devenus conscients que le danger de remise en cause de leurs projets urbains réalisés en milieux urbains par des entreprises collaboratrices à leurs propres économies, ne peut venir que de cette tranche de la société intellectuelle des spécialistes en amélioration urbaine comme les architectes paysagistes, puisque leurs affaires peuvent être fructueuses si le borne reste Roi au pays des aveugles, et cela parce que nos responsables de la politique d’amélioration urbaine ont mis en place une trappe entretenue pour faire croire aux spécialistes de l’amélioration urbaine, que des mesures s’élaborent à leur profit dans le domaine d’amélioration du cadre de vie de nos citoyens au sein de nos milieux urbains, tout en les maintenant ainsi en permanence en attente d’un quelque espoir d’un projet paysager concret, parce que pour certain architectes paysagistes, réagir contre cette manière de gérer un programme national d’amélioration urbaine, ne peut que mener à une incertitude et une perte d’un espoir de continuer à travailler et d’avoir le minimum de projets d’aménagements d’espaces verts à réaliser, afin d’arrondir ses fin de mois.

A Suivre


*Architecte paysagiste, Lakhdaria Algérie.
Diplômé de Versailles et membre de l’AAPQ et de l’ASLA.

publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine
Mardi 20 Mai 2008

Pas moins de 80 milliards de dollars seront engrangés cette année, ce qui portera à 200 milliards de dollars la manne financière disponible dans le pays fin 2008. Les autorités ne savent plus quoi faire de cet énorme excédent. L’idée d’un Fonds Souverain ne les séduit pas au prétexte qu’il est sujet à risques, celle d’une caisse de dépôt ne les enchante pas non plus au motif qu’elle ferait doublon avec la Banque d’Algérie. Ces expériences ont été pourtant réussies dans divers pays, notamment en matière de mise sur pied d’un fonds public d’investissement.

Et c’est, depuis 2002, une interminable attente d’une décision politique qui mettrait fin au manque à gagner découlant du gel de dizaines de milliards de dollars tant au niveau du Trésor public que des banques. Les autorités se sont contentées jusque-là du dérisoire taux d’intérêt généré par les placements à l’étranger en bons du Trésor, notamment aux USA. Mais la mesure qui fait le plus défaut à la Nation est d’ordre interne. Elle a trait à l’injection massive des disponibilités financières dans l’économie nationale. Le prétexte communément avancé par les autorités est l’impossibilité pour celle-ci d’absorber une forte dose de capitaux. Pourtant, il n’est nul besoin d’être expert pour relever la fausseté d’un tel argument, car les fellahs se plaignent d’un manque cruel en semences, en aliment du bétail, en machines et en engrais, les entrepreneurs privés eux, du déficit en machines de dernière génération, en méthodes modernes de gestion et en prêts bancaires. Les sociétés publiques souffrent quant à elles de l’archaïsme de leur outil de production, du déficit en main-d’œuvre qualifié et de l’inadéquation de leur gestion avec les normes universelles. Tous ont besoin de dinars et de devises pour se lancer dans la production ou dans ce qui est communément appelé l’économie réelle. Celle-ci fait cruellement défaut en Algérie, l’Etat lui ayant préféré l’investissement dans les équipements et les infrastructures qui, bien que nécessaires au pays, ne lui assurent pas la croissance. Cette dernière ne peut venir que des entreprises et des unités agricoles travaillant sans contraintes et bien encadrées par des pouvoirs publics réformateurs et débureaucratisés. L’économie réelle est la voie royale pour la création de centaines de milliers de petites entités de production dans l’industrie, les services et l’agriculture. Dans ce dernier secteur précisément, il existe de formidables opportunités au vu de la pénurie mondiale de produits alimentaires subissant une flambée des cours sans précédent. Une sorte de « Plan Marshall » pour l’économie algérienne, voilà la solution pour ce cortège de millions de jeunes en quête d’emploi, happés par les mirages de l’exil et par le terrorisme. Il est possible d’extirper l’argent du pétrole de la fatalité de la thésaurisation et de l’improductivité et de mettre un terme au paradoxe algérien d’un Etat riche et d’une société pauvre. Reste à résoudre la question clef : frappé du sceau de la mauvaise gouvernance, le système actuel sera-t-il en mesure de réaliser cette ambitieuse réforme qui implique l’abandon des réflexes rentiers et les tentations de la corruption ?

Ali Bahmane

publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine
Dimanche 18 Mai 2008
 

La corruption ronge les wilayas et les communes du paysUn mal national ! Deux ans après l’adoption par le Parlement de la loi anticorruption (20 février 2006), le phénomène continue de ronger « démesurément le pays ». Selon l’association algérienne de lutte contre la corruption AACC, une section algérienne de Transparency International, rien n’a été fait pour juguler la corruption « qui gangrène toutes les wilayas ».

De la base au sommet de la pyramide de l’Etat, la pratique des pots-de-vin « devient la règle et non l’exception ». « La corruption est banalisée. Aucune wilaya, aucune commune n’y échappe. La petite corruption constitue la négation même de l’Etat dans la seule finalité qui puisse le légitimer, c’est-à-dire la recherche de l’intérêt public », relève l’AACC dans son dernier rapport, rendu public hier. Un rapport qui tire exclusivement la sonnette d’alarme sur l’ampleur de ce phénomène au niveau des institutions de base de la République, en l’occurrence les communes, les daïras et surtout les wilayas. Les formes de corruption sont, selon l’association, multiples : commissions, usage de la contrainte pour l’obtention des dessous de table, échanges de services et de faveurs entre promotionnaires, parents, ressortissants d’une même localité et membres d’une même famille politique ainsi que les détournements des biens publics, des abus de biens sociaux ou l’usage indu de matériel de l’Etat. « Dès qu’il y a possibilité d’interaction avec le public, tout service, tout contrôle, tout acte administratif, toute sanction sont monnayables et passibles de transactions occultes. Les stratégies, tout comme les tactiques utilisées par les acteurs des échanges corruptifs, diffèrent selon les contextes et les enjeux », note encore le document qui cite la wilaya de Khenchela, « comme la plus corrompue en Algérie ». La situation est favorisée, précise le rapport, par plusieurs facteurs. En plus du verrouillage de l’information concernant la gestion des affaires locales et l’octroi des marchés publics, l’AACC met en avant l’impunité dont bénéficie l’administration. « La détresse des citoyens face aux abus de l’administration découle de l’absence des voies efficaces de recours et de l’impunité généralisée. Aux allégations et accusations contenues dans la presse ou propagées par la rumeur, font rarement suite des enquêtes approfondies, encore moins des sanctions », affirme la même source, en soulignant que même lorsque des contrôles sont effectués, « l’utilisation des résultats suit des logiques politiciennes ». Mettant en exergue les avantages dont bénéficient les différents walis et leurs familles, qui utilisent, sans réserve, les deniers publics, l’association affirme que « certaines wilayas sont gérées comme de petits royaumes inféodés à des potentats locaux ». Des factures de complaisance, utilisation sans documents des ressources de la caisse de la wilaya et racket des entrepreneurs sont, ajoute l’AACC, des pratiques auxquelles recourent souvent les walis. Le document indique aussi que la corruption a fait des ravages lors des élections locales de novembre 2007, notamment lors de la phase de dépôt des candidatures. Le dernier mouvement des walis a consacré, selon l’AACC, « le changement dans la continuité prédatrice et gangsters autorisés ». « Des walis dont la gestion est mise en cause ont bénéficié de promotion à la faveur du dernier mouvement des walis », fait remarquer l’AACC. Toutes ces pratiques fleurissent, devant l’absence des codes de wilaya et de la commune adaptés à la réalité et la neutralisation des institutions de contrôle, telles que la cour des comptes et l’IGF… Après le diagnostic, l’AACC propose des actions à mettre en œuvre pour freiner ce phénomène. Pour elle, il faut instaurer une véritable démocratie locale, garantir le droit à l’information à tous les citoyens et assurer la transparence de la vie politique et administrative. L’AACC exige aussi le contrôle de tous les fonctionnaires des collectivités locales, en particulier les walis.

M. M.

publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine
Dimanche 11 Mai 2008

Il n’y a pas de plafond dans l’habitat rural. Consommez vos quotas, on vous affectera de nouveaux programmes », avait lancé un responsable de l’administration de la wilaya aux présidents d’APC au lancement de l’opération, début 2005.

Trois ans plus tard, la majorité des communes, notamment celles situées en haute montagne, affichent un taux de réalisation qui oscille entre 10 et 20%. Le dispositif, mal expliqué, engageant de nombreuses administrations, avait longtemps fait du surplace avant de connaître un début d’exécution. La première subvention affectée en totalité a été enregistrée en juin 2006 dans la commune de Timizart, près d’un an et demi après le lancement de l’opération. Fin 2006, soit deux ans après la notification du programme, moins de 1% de réalisation a été enregistré dans la wilaya de Tizi Ouzou (133 bénéficiaires avaient perçu les trois tranches de la subvention). Devant les retards énormes enregistrés dans ce dossier, l’administration de wilaya, sous les injonctions du gouvernement, donne un coup de fouet aux « services déconcentrés » de l’Etat, sommés de desserrer l’étau bureaucratique autour de ce programme. Au 15 avril dernier, le taux de réalisation au niveau de la wilaya était de 23,5%, avec 4711 logements construits sur un quota de 20 000 subventions allouées par l’Etat au titre du programme quinquennal 2005-2009. Un frémissement des chiffres qui n’a pas comblé les retards accumulés ces trois dernières années. L’habitat rural, c’est le seul secteur où les présidents d’APC affichent, sans complexe, leurs mauvais résultats. Ils savent qu’ils sont le dernier maillon d’une chaîne bureaucratique d’une rare lourdeur. Engagé dans le programme sans aucune condition, sur simple présentation d’une demande et d’une pièce d’état civil, le postulant sera embarqué dans un long processus où il sera « filtré » pendant des mois, suspendu au travail laborieux de quatre administrations (APC, daïra, wilaya, CNL). En phase de réalisation, le « bénéficiaire » est tenu d’achever 20% de sa construction avant de prétendre à la première tranche de la subvention. S’il manifeste des signes d’essoufflement, il est mis en demeure et parfois « éliminé » du programme. Dans ce cas, il se retrouve lâché dans le vide, dans tous les sens du terme. Le demandeur se voit privé de subvention, après avoir engagé un lourd investissement dans le dossier technique et les premiers travaux. 3100 remplacements ont été effectués dans la wilaya de Tizi Ouzou, sur un programme de 20 000 aides publiques, soit un taux de 15,5% de mauvais départs. Dans la commune de Yattafène, daïra de Ath Yenni, à 50 km au sud-est de Tizi Ouzou et à 1000 m d’altitude, l’on enregistre 73 annulations et 18 désistements sur 347 postulants. Ce qui donne un taux d’annulation de 26%. Un demandeur sur quatre est remplacé, par éjection ou pour désistement, et seulement un bénéficiaire sur 8 a pu finir sa maison. La troisième tranche de la subvention a été débloquée pour 33 bénéficiaires sur un quota de 250 aides allouées à la commune, donnant un taux de réalisation de 13,2% (chiffres recueillis en avril dernier). C’est l’un des plus bas niveau à l’échelle de la wilaya.

Surcoûts en haute montagne

Les 5000 habitants de la commune vivent sur 16 km2 de montagne et de forêts. Les techniciens de l’APC donnent des indications sur les efforts consentis dans la construction d’une maison sur ces reliefs montagneux : « Les terrassements coûtent environ 100 000 DA jusqu’à 200 000 DA quand c’est rocheux. Il faut évacuer les terres pendant une semaine à 3000 DA par jour. Un camion de sable payé 7000 DA à Tizi Ouzou revient, avec le transport, à 18 000 DA à Yattafène. » Les villageois se sont inscrits en masse dans ce programme, mais se sont vite rendu compte de la difficulté de lancer le chantier. Des capacités financières importantes étaient finalement nécessaires pour mener à bien le projet. « Tout le monde avait le droit de s’inscrire dans l’habitat rural, alors que la plupart des postulants sont en vérité nécessiteux et éligibles pour le logement social », notent les services techniques de APC. Le programme en cours en matière de logement social dans la commune de Yattafène se résume à 10 unités, datant de 2001. Antérieurement, il a été réalisé 88 logements, dont 44 inscrits en 1981, lancés en 1994 et réceptionnés en 1999. La commune ne dispose pas d’une réserve foncière et ne peut pas recevoir de nouveaux programmes de logements. Elle a engagé une procédure d’acquisition d’un terrain privé et compte sur la wilaya pour prendre en charge le coût. Le dossier est au niveau des Domaines pour un rapport d’évaluation. « Ce terrain ne sera pas destiné au logement, mais à des équipements collectifs dont la collectivité a besoin, comme une polyclinique, un CEM ou un lycée », remarque-t-on à l’APC.

Inertie de l’administration

Tout reste à faire dans ces communes de haute montagne où aucune activité économique ne retient la population à ses terres. Les villages sont désertés peu à peu. « Il ne reste que ceux qui vivent des pensions de retraite des émigrés ou des veuves de chahid », lance-t-on à Yattafène. Le document de la wilaya portant « Projection des populations par commune à l’horizon 2010 » donne des chiffres qui parlent d’eux-mêmes. 4958 habitants recensés en 1998 et 4968 projetés en 2010, soit une augmentation de 10 habitants, et une croissance démographique de 0,017%. En vérité, la démographie est décroissante, reconnaît-on à l’APC. Pour l’heure, aucun programme de développement n’est prévu pour empêcher la « désertification » des villages. La commune d’Aghribs se trouve à une quarantaine de kilomètres à l’est de Tizi Ouzou et à une vingtaine de kilomètres au sud de la ville côtière d’Azeffoun. Loin des massifs montagneux, les difficultés liées à la topographie sont moindres. Surprise : les résultats sont aussi mauvais qu’en haute montagne. 46 logements réalisés sur un quota de 360 aides publiques, jusqu’à avril 2008. Un taux de réalisation de 12,7%. Là, le goulot bureaucratique a fonctionné au maximum. « On nous refuse la surélévation alors que cela a été autorisé par la wilaya et mis en pratique dans d’autres daïras », nous dit le P/APC. La « souplesse » voulue par l’exécutif de wilaya pour obtenir de meilleurs résultats n’est pas adoptée par les services techniques locaux. « On refuse, à titre d’exemple, que la construction soit réalisée à moins de 35 m de la route nationale, alors que tout le village se trouve à 7 m de la même route », souligne le maire d’Aghribs. Une rigueur extrême dans le respect de la réglementation, freinant efficacement la mise en œuvre du dispositif. « Nous avons aussi présenté un dossier de constructions groupées au niveau d’Agouni Gheziffen, où les habitants n’ont pas de titres de propriété individuels, comme cela a été permis par la wilaya, mais sans suite », ajoute le P/APC. Des mesures d’allégement décidées par le wali en juin 2006 et non appliquées deux ans plus tard sont l’une des caractéristiques du programme de l’habitat rural dans la wilaya de Tizi Ouzou. « Nous n’assistons pas aux réunions présidées par le wali et consacrées à ce dossier. Nous aurions relevé les blocages que nous rencontrons tous les jours », regrette l’élu local. « Le programme est intéressant dès lors qu’il permet d’enrayer les constructions illicites et d’asseoir les normes de construction, mais la multiplication des intervenants et la lourdeur des procédures ont entravé sa mise en œuvre », explique notre interlocuteur. Dix demandes d’affectation de la 2e tranche envoyées le 20 janvier 2008 à la CNL ne sont revenues que le 31 mars, note-t-on à Aghribs. Deux mois et dix jours au lieu du délai de 15 jours proclamé dans les réunions de wilaya. Une liste de 100 postulants transmise en mars 2007 à la direction des Domaines pour enquête foncière n’est revenue, souligne-t-on encore, qu’en novembre de la même année, soit une attente de 8 mois au lieu des 2 mois réglementaires. « Cela bloque l’établissement du certificat de possession », signale-t-on. Autant de difficultés rencontrées sur le terrain et qui ne remontent pas jusqu’aux réunions tenues à la wilaya où l’on décide, par contre, de « dégraisser » le quota communal ou de remplacer les « retardataires » sans autre forme de procès.

Djaffar Tamani

publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine
Samedi 03 Mai 2008

Dans une logique de faire canaliser des penchants afin que des parcs urbains et des espaces verts soient créés au sein des agglomérations urbaines, qu’Aragon avait écrit dans son livre « le paysan de Paris »,  que « tout le bizarre de l’homme, et ce qu’il y a en lui de vagabond, et d’égaré, sans doute pourrait-il tenir dans ces deux syllabes : jardin ».

Quatre facteurs dominants expliquent l'apparition des espaces verts au sein des milieux urbains. Le premier repose sur une opinion fort répandue sur le citadin, qui en s'éloignant de la nature, subit des torts aux plans physique, psychologique et moral alors les espaces verts apparaissaient comme les parfaits antidotes à ce malaise urbain. Le deuxième facteur, inspiré de la popularité grandissante d’une philosophie mal intégrée de l'amélioration des milieux urbains appelée « le mouvement de la belle ville », encourageait les travaux d'embellissement de la ville dont les grands centres municipaux, les magnifiques paysages urbains et les parcs urbains. Le troisième facteur met l'emphase sur les avantages économiques des parcs urbains et sert à la promotion agressive pour les cités et les villes car les espaces verts augmentent la valeur des propriétés adjacentes et sont vantés par les agences immobilières comme étant la preuve d'un quartier prospère ou d'une collectivité « soucieuse » du bien-être de ses résidents. Le quatrième facteur étant l’intégration du métier de l’architecture du paysage dans les disciplines d’aménagements urbains au même niveau que l’architecture et l’urbanisme puisque les aménagements des espaces verts en milieu urbain ont fortement influencé l'essor des parcs urbains parce que grâce à une planification unifiée, les paysages naturels sont évoqués au sein même des milieux même.

La création des parcs urbain vient pour contenter l’instinct de liberté des citadins bridé par le cadre urbain car ces espaces offrent une porte ouverte sur la nature en plein milieu de la ville et la dompte, l’apprivoise, l’organise et la représente magnifiquement au sein de ces espaces de détente, qui sont devenus célèbres au fil du temps à travers les grandes métropoles du monde. Si aujourd’hui les parcs urbains expriment une ode à la supériorité de l’homme sur le règne végétal, jusqu’au 1789, les quelques espaces verts qui existaient en Europe étaient réservés exclusivement à la seule aristocratie, mais c’est grâce à la révolution Française que ces espaces verts furent ouverts pour la première fois à l’ensemble de la population, afin qu’ils puissent accéder enfin à ces petits paradis reconstitués jadis interdits au public.

Si au sein de toutes les civilisations depuis celle de Babylone à celle qui a hérité les grands progrès des espaces verts avec ses vastes parcs en Perse et en Inde, souvent les seuls espaces verts urbains qui étaient en permanence à la disposition des citadins, sans distinction de rang social,  étaient bien les espaces verts des cimetières car c’est dans ces espaces que la population venait pour se recueillir et profiter de la verdure, loin du vacarme de la ville,  afin de se rencontrer et de se reposer loin de la laideur des murs sales par la fumée du charbon. Le succès des parcs urbains que nous connaissons aujourd’hui à travers les grandes métropoles, ne pouvait y exister sans la lumineuse initiative qu’a eu,  en France, le préfet  Rambuteau lorsqu’il a fait introduire les bancs dans les jardins publics pour que les citadins puissent mieux se reposer au sein des espaces verts, ainsi que l’introduction des kiosques et d’autres équipements grâce aux initiatives qui ont été prises au temps de Haussmann et Alphand, pour permettre aux citadins de pouvoir se flâner et se distraire tout en s’appropriant des espaces verts car désormais chacun pourra voir et  être vu, se rencontrer, explorer, découvrir et surtout se divertir dans le parc urbain.

New York, ne serait sans doute la ville que tout le monde connaît sans la présence de cet immense espace vert en plein cœur de Manhattan car avec ses 341 hectares d’extension, le « Central Park » est en effet le poumon vert de cette grande métropole hérissée de gratte ciel et au trafic automobile souvent congestionné. Aujourd’hui que ce grand rectangle de verdure de 4 kilomètres de long  sur 800 mètres de large est devenu le lieu de promenade  préféré des habitants de cette ville à béton car ils y vont pour y pratiquer le sport, faire des balades à bicyclettes ou en roller, tout en se promenant le long des nombreuses allées longeant des plans d’eau qui servent de réservoir et que le plus grand a une superficie de 43 hectares. Parce que se sont chaque année plus de 25 millions de visiteurs qui fréquente le « Central Park », que sa réalisation qui s’est terminée en 1873, après dix neuf années de travaux, est considéré  aujourd’hui comme une grande réussite pour la ville de New York ainsi que pour les architectes paysagistes américains Frederick Law Olmsted et Calvert Vaux.

Parce que les new-yorkais  souhaitaient que leur ville possède un parc urbain à l’image de ce qui existait déjà en Europe avec le bois de Boulogne à Paris et « Hyde Park » à Londres, qu’à la demande des citadins de la ville de New York que ces deux architectes paysagistes avaient exécuté les plans et les détails du futur aménagement de ce grand parc urbain en plein centre de la ville de New York car en cette période,  les new-yorkais vivaient dans une ville de plus en plus surpeuplée et avait un manque flagrant d’espaces verts.  Si « Central Park » a pris du temps pour devenir réalité malgré le souhait de la population et des plans d’aménagements terminés et malgré que la ville de New York avait déjà acheté un terrain en friche d’une valeur de 5 millions de Dollars, c’est parce que  en 1853, le terrain était un marécage et que pour les travaux de drainage, il a fallu  dégager de gros rochers à l’aide d’explosifs avant d’y apporter trois millions de mètres cubes de terre pour y planter un demi million d’arbres. Actuellement que le parc a son propre conservatoire et qu’il est restructuré grâce à l’aide de bénévoles afin de faire comprendre aux citadins new-yorkais qu’il fait partie de l’identité de leur ville car on y découvre une faune et une flore remarquables puisque en plus des 250 000 arbres encore existants, on y trouve plus de 200 espèces d’oiseaux, des marmottes, des écureuils, des lapins et même des ratons laveurs dans les plans d’eau .

Après la découverte de la passion des parcs urbains chez les européens et les américains, c’était au tour des canadiens de prendre la voie de trouver la joie de vivre dans des milieux urbains avec des  parcs et des espaces verts,  malgré que l’hiver durait au moins six mois car le Canada est un pays nordique. C’est suite à l’immigration au Québec de l’architecte paysagiste américain Frederick G.Todd, qui est né en 1876 à Concordia au New Hampshire et qui était un des élèves de l’architecte paysagiste Frederick L.Olmstead, que l’architecture du paysage a vu le jour au Canada. Ce premier architecte paysagiste canadien avait acquis une grande expertise dans les aménagements paysagers des parcs urbains au sein des pays nordiques et cela grâce à sa vision unique de concevoir des espaces urbains tout en évitant de dénaturer les sites existants, ce qui lui a valu d’être aussi l’instigateur du courant environnementaliste que défend aujourd’hui les écologistes à travers le monde après qu’il était le précurseur de l’architecture du paysage au Canada.

Grâce aux différents travaux d’aménagements de parcs urbains de cet architecte paysagiste, le Canada a connu une grande évolution dans les aménagements paysagers au point qu’aujourd’hui le statut de l’architecte paysagiste est l’un des statuts les plus protégés dans le monde car à travers le pays, il existe plusieurs associations d’architectes paysagistes comme celle du Québec, qui a réussi de réunir cette année l’ensemble des architectes paysagistes du Canada au sein de son congrès annuel,  afin de discuter sur les concepts d’aménagements des parcs urbains ainsi que des aménagements paysagers au sein des milieux urbains, dans le but de revoir et de trouver de nouvelles réflexions ainsi que d’idées d’aménagements pour constituer des options spécifiques afin de mettre en valeur les saisons ainsi que le patrimoine canadien dans l’améliorer du cadre de vie des citoyens canadiens, pour que l’hiver ne soit plus une saison morte mais aussi une saison de plaisir et d’attraits au sein des milieux urbains car par les valeurs de son métier, l’architecte paysagiste doit savoir se réapproprier la saison hivernal et tout son potentiel pour aménager des paysages urbains qui durent dans le temps et dans l’espace.

Parce que les parcs urbains sont devenus des lieux de loisirs publics car on y offre de plus en plus de services à la population comme une piste de course, un kiosque à musique, un zoo, un lac pour les promenades en bateau, des jardins de fleurs et des sentiers bordés d'arbres, que suite à une étude lancée en 1996 en Tunisie,  il a été constaté qu'environ 140 forêts urbaines et périurbaines étaient menacées par l'invasion des constructions anarchiques d'une part et par la dégradation de leurs écosystèmes d'autre part. Parce que une grande partie de ces forêts est devenue des dépotoirs sauvages des déchets, qu’une décision des hautes autorités a été prise dans le cadre du "Programme National des Parcs Urbains" pour la création de 100 parcs urbains avec comme objectif de valoriser  par ce programme l'éducation et la sensibilisation du public pour le respect de la nature puisque aujourd'hui on n'a plus à justifier les parcs urbains comme outils de réforme sociale ou comme « poumons de la ville » du moment qu’ils font tout naturellement partie du paysage urbain.

Imaginez en Algérie,  un grand parc urbain de 260 hectares, aux portes de la capitale, où il y aura des infrastructures sportives ludiques et culturelles, qui apportera ainsi aux citadins algérois une bouffé d’oxygène et des moments de détente au sein d’une verdure abondante loin du vacarme et de la pollution de la ville, en plus des projets de petits parcs urbains en cours de programmation aux alentours de la capitale comme ceux de la ville de Souidania, de la nouvelle ville de Sidi Abdellah ainsi que du projet qui viendra remplacer la décharge publique de Oued Smar avec une superficie de 32 hectares d’espaces verts afin d’annihiler à jamais une source de pollution de l’air qui rend la vie quotidienne à l’entrée Est de la capitale insupportable par de la désagréable odeur, qui vient de ce site qui est en face du flambons neuf aéroport d’Alger.  Si aujourd’hui ce grand parc est devenu comme un rêve pour les algérois, ce n’est que parce que sa réalisation tarde à venir malgré que sur le principe son site est déjà choisi car plus de 260 hectares  lui sont réservés pour être réalisé à la sortie Ouest de la capitale.

Dans le domaine des espaces verts et des parcs urbains, les villes algériennes ont hérité de la période coloniale un important patrimoine de petits parcs urbains ainsi que d’espaces verts de proximité mais ce qui reste comme modèle d’un grand parc urbain et un trésor pour les spécialistes des espaces verts et de la botanique, c’est bien le grand Jardin d’Essai d’Alger qui est un joyau de la diversité botanique et un lieu de détente et de repos car même le réalisateur du premier film de Tarzan l’avait choisi pour y tourner quelques séquences de son film tellement que ce parc ressemblait à une vraie jungle mais en plein centre ville de la capitale algérienne. En terme d’espaces de détente et de récréation, c’est souvent dans les forets à proximité des villes qu’ils ont été aménagé pour les familles des colons tant qu’ils pouvaient encore y profiter. Après l’indépendance en 1962, les différents gouvernements successifs ont continué à gérer les espaces verts hérités, avec autant d’importance que les autres domaines de la ville car durant cette période où il y avait encore  une bonne gestion des milieux urbains, le jardinier et le paysagiste faisaient toujours partie des fonctions prioritaires des collectivités locales et les espaces verts étaient considérés comme une entité importante pour la ville. Comme durant cette période, les hautes autorités constataient, qu’au sein des grandes villes algériennes, il  manquait d’espaces naturels de détente et de récréation pour les loisirs des citoyens, alors dans plusieurs grandes villes ont été aménagés des parc urbains de récréation et de détente comme celui du parc zoologique de  Ben Aknoune à Alger qui s’étale sur plusieurs centaines d’hectares, du parc des manages à Oran ou du parc du grand lac à Sétif.

L’Algérie indépendante qui avait réalisé une multitudes d’espaces verts et de parcs urbains grâce au savoir-faire de ses entrepreneurs et de l’apport des compétences étrangères en architecture du paysage, c’est vu depuis le début des années quatre vingt, régressée dans ce domaine, après qu’il était bien primordiale durant les vingt première années de l’indépendance, au point que selon le constat à travers la visite des villes algériennes,  presque aucun espace vert digne de son non n’a été réalisé dans les 1541 communes des 48 wilayas que compte le pays et cela malgré que des milliards de dinars ont été bien dépensés dans la réalisation de jardins disparates comme si les autorités locales voulait dire qu’ils donnaient toujours de l’importance aux aménagements des espaces verts dans une logique de réfléchir à leurs propres économie avant de voir l’intérêt de leurs citoyens. Au cours de ces années maigres des espaces verts, la notion des parcs urbains a été totalement oubliée au sein des milieux urbains algériens, puisque même les espaces verts hérités, qui faisait la fierté des villes algériennes, ont été totalement abandonnés par les autorités locales et laissés aux caprices du temps pour devenir des espaces de débauches et des décharges publiques quant il n’étaient pas remplacés par des constructions moches. 

Si actuellement en Algérie, il y a un semblant de retour à la nécessité d’aménager des espaces verts au sein des milieux urbains, ce n’est que parce que pour la première fois dans l’histoire du pays, une loi des espaces verts a été adoptée par son parlement en 2007. Ce projet de loi de 42 articles catégorise les espaces verts, identifie les obligations de leur classement et les autorités de gestion et fixe les descriptions de préservation. Il prend également en charge la gestion et le développement des espaces verts en Algérie et institue des normes et des coefficients d’espaces verts par villes, par ensembles urbains et pour les habitations particulières. Parce que les normes internationales situent la part moyenne de chaque citoyen à 10 m2 d’espaces verts au sein des milieux urbains et que le citoyen algérien n’a droit qu’à 1m2 dans les villes de son pays, que les responsables de la Banque Mondiale ont pris l’initiative d’exiger le savoir-faire d’un architecte paysagiste algérien diplômé de l’école d’architecture du paysage de Versailles, pour être intégré dans le projet de la construction de la nouvelle ville de Ain Témouchent afin de réussir à y intégrer les espaces verts dans son environnement selon le concept moderne des paysagistes.  La réussite de l’aspect environnementale de cette nouvelle ville a permis aux autorités  algériennes d’obtenir des félicitations de la part de la Banque Mondiale et de permettre à l’architecte paysagiste d’avoir une place honorable parmi l’ensemble des 1300 participants du concours de l’ONU habitat à travers le monde en 2006, puisqu’il a été gratifié « Good Practice » pour son travail effectué pour la réalisation du jardin central d’un hectare au sein de cette nouvelle ville.

Maintenant que l’Algérie possède sa propre loi des espaces verts et que le savoir-faire des architectes paysagistes algériens a été prouvé à Ain Témouchent, afin que le chef de l'Etat ne s’interroge plus «Où sont les espaces verts ?», le thème des espaces verts ainsi que celui des parcs urbains se trouve dans le vif du sujet des grands projets a réaliser par l’Etat algérien, surtout que sa capitale s’est déjà lancée dans l’aménagement du grand parc urbain des grands vents, qu’on appel aujourd’hui « Dounya Parc ». Durant la période du gouvernorat du grand Alger et dans le cadre de l’instauration de la ceinture verte autour de la capitale algérienne, l’idée de la nécessité d’aménager un grand parc urbain de récréation, à l’ouest de la capitale, était née dans l’imaginaire des autorités locales. Après qu’une première étude d’aménagement qui a été confié à un paysagiste français de deuxième catégorie, puisque son projet d’aménagement a été  critiqué par l’architecte paysagiste et président de l’association algéro-française « Djenane el Djazair ».  Une fois que la clôture d’une partie du parc a été  réalisée et qu’une porte, aux images de l’entrée du « Jurassic Park » de Spielberg, ainsi qu’un pont métallique, qui travers l’autoroute, sont déjà achevés, des dizaines de panneaux photovoltaïques ainsi que quelques grandes éoliennes sont en train d’être installé avec la construction de la maison « Dounya », une autre étude d’aménagement a été confiée aux élèves de l’université Italienne de Tuscia, puisque l’Italie avait accepté de fournir 1122 arbres adultes, 750 palmiers ainsi que 18 600 différents plants et arbustes de type méditerranéenne afin que la fameuse entreprise des espaces verts de la wilaya d’Alger s’engage à les planter, privant encore une fois les pépiniéristes et les entreprises paysagistes privés d’un gain tant espéré pour développer leurs activités,  puisque pour ce parc urbain unique en Algérie, un milliard de dollars a été engagé par l’Etat pour sa réussite dans les délais. Dounya Parc, qui s’est doté d’un conseil d’administration par décret le 19 Octobre 2006, grâce à l’installation de son agence de promotion, sans qu’il y ait aucune présence de spécialistes en aménagement paysager, s’est vu confié la tache de réaliser ce grand parc urbain sur 260 hectares où il y aura une foret de recréation, des terrains de sports, une ferme éolienne et solaire, une maison de l’environnement et du développement durable, un parcours sportif de santé, une cité des sciences, un terrain de golf, des lacs, des terrains de jeux pour enfants, un centre équestre et des jardins du monde, que les algérois attendent avec espoir depuis plus de dix ans et cela depuis que la première idée avait germé.  

Grâce à l’officialisation de ce projet après que les problèmes des terrains ont étaient réglés grâce au décret exécutif du 4 juillet 2006 portant déclaration d’utilité publique, ce parc urbain devrait devenir normalement une réalité pour les habitants de la capitale algérienne selon son premier concept, si ce n’est le coup de théâtre des assises de la première exposition du tourisme d’Algerune nouvelle maquette d’aménagement du Parc Dounya avait été présenté au premier ministre algérien par les représentant de la société d’investissement Emirates International Investment Company (EIIC) basée à Abou Dhabi aux émirats arabes unis, et que le ministre concerné avait confirmé le lancement de ce nouveau projet du Parc Dounya à Alger en avril 2008 afin qu’il soit le plus grand parc urbain du monde, puisqu’il s’étendra sur 500 hectares et sera soutenu par investissement d’un coût de 5,5 milliards de dollars déjà engagé.  Maintenant que le parc urbain de la capitale algérienne est sous les mains de ceux qui ont hérité la volonté de l’émir Cheikh Zayed Ben Sultan Al-Nahyane, qui avait souhaité de faire de son pays un coin de paradis sur terre malgré les conditions climatique désertique, tout en commençant par planter 150 millions d’arbre dans le désert et qu’aujourd’hui son vœux a réussi au Cheikh Mohammad Ben Rached Al-Maktoum, puisque sa ville de Dubaï est en train de devenir la ville la plus verte du désert car en plus des dizaines de jardins et parcs urbains qui sont déjà en cours de réalisation ou déjà réalisé, elle possède une foret urbaine qui s’étale sur 400 hectares puisque les emiraties ont la fierté d’être des gens qui sont capable même de fleurir le désert, au point que les émirats sont devenues le sanctuaire des architectes paysagistes.

Le Parc Dounya sera t’il vraiment  conçu dans un esprit de préservation de la nature du site et viendra pour participer au développement urbain des zones environnantes,  avec une multitude d'aménagements tels qu'une ceinture verte encerclant l'ensemble du parc, des chemins boisés, des points de vue spectaculaires, des vergers, des coupe-vent, des abris naturels, et de splendides jardins botaniques, ou deviendra t’il vraiment comme prétendre certains, le deuxième Club des Pins réservé seulement à une certaine classe de la nomenclature algérienne puisque il est déjà programmé qu’il y aura  sur ce site des aménagements tels qu'un hôpital, une école internationale, des hôtels, des aires de loisirs et des services de haut standing, des palaces, des tours de commerces et des villas luxueuses avec un grand terrain de golf de 18 trous ?

Afin que le paradoxe de la démocratisation des parcs urbains et l’ironie de l’histoire ne soit pas une réalité pour les parcs urbains en Algérie, il faut que le doute sur les aboutissements de ce mega-parc urbain de notre capitale, ne soit pas à l’exemple du projet des 8 parcs urbains des Daïras de la wilaya de Ain Témouchent, qui malgré les 22 milliards de centimes, ils sont restés toujours au stade de réflexion, ou du parc urbain de la ville de Djelfa, parmi d’autres, qui malgré les milliards de dinars, il reste loin d’être considéré comme un espace vert. Afin de rendre à César ce qui appartient à César, il faut que la nouvelle loi des espaces verts soit décrété de façon à ce que les parcs urbains puissent enfin devenir une réalité au sein des milieux urbains algériens et que les responsable concernés puisse faire en sorte que les citadins se rapprochent de la nature, tout en  investissant davantage dans leur environnement immédiat avec les parcs et les espaces libres en milieu urbain car les parcs urbains améliorent la qualité de l'air, créent un habitat pour la faune et la flore, réduisent les eaux de ruissellement des orages et rafraîchissent la température des îlots de chaleur dans les villes.

Meziane Abdellah, Architecte paysagiste membre de l’ASLA et l’AAPQ.

publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine
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