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C'est parce que les responsables locaux et les citoyens doivent etre au courant des problèmes de la vie en milieux urbains et les promesses déclarées en Algérie, que ce blog est dédié à tout ceux qui cherchent à etre informés et continuent à s'interésser
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Vendredi 30 Mai 2008

par Benkoula Sidi Mohamed El Habib *

L’une des problématiques, dure à formuler et qui nous soit soumise, est celle de la ville. Cette notion, aux apparences galvaudées d’aujourd’hui, faisait déjà, au début du siècle dernier, l’objet d’une réflexion profonde, notamment avec les démolitions des fortifications, celles-là mêmes qui ont marqué pour beaucoup d’historiens la fin des villes traditionnelles.

LCes dernières contenaient leur développement, et ne permettaient des extensions en dehors des ceintures qu’en des contextes bien particuliers. Parmi les plus célèbres dans l’histoire des villes, nous citons le cas de Barcelona, un quartier que les gouverneurs de la Barcelone du 19ème siècle ont dû construire pour apaiser la colère des habitants de la ville dont le développement était largement en deçà de l’essor industriel que la province connaissait à l’époque. A travers des cas comme celui-ci, apparaît la nécessité de distinguer la ville, en tant qu’entité urbaine, de ses extensions lesquelles répondent généralement à des besoins bien particuliers d’étalement dans l’espace et son organisation. Ces besoins entrent souvent dans le cadre de stratégies urbaines prédéfinies, elles peuvent être de nature exceptionnellement politique, comme dans le cas de l’haussmannisation de Paris au cours du dix neuvième siècle, ou économiquement spéculative, comme à Barcelone avant que CERDA n’arrive à imposer son plan d’ingénieur. Toutefois, au-delà de ce risque de confusion, auquel nous faisons allusion et dont nous sommes tous victimes, celui de l’usage des notions concepts, il m’apparut intéressant de retenir dans ma lecture de l’introduction de : L’art de bâtir les villes, que SITTE a tenté de dégager ce que CHOAY a appelé des permanences et/ou des règles dans l’organisation des villes anciennes, pour un meilleur agencement des espaces à urbaniser et destinés à répondre à des besoins nouveaux. Cette démarche est celle-là même que des architectes tels que Wright, Perret, Mies, le Corbusier, et bien avant, Viollet-le-Duc, ont utilisée dans leur domaine : l’architecture.

« La démarche de SITTE dans le Städtebau peut être éclairée par celle, identique, de Viollet-le-Duc dans ses Entretiens sur l’architecture. […], Viollet-le-Duc, lui aussi, cherche des règles permanentes, intemporelles, susceptibles de guider l’usage des matériaux nouveaux de l’ère industrielle et d’exprimer ses programmes inédits. » (F. CHOAY).

 En d’autres termes, CHOAY (Françoise) relevait, me semble-t-il, un abus dans l’usage de la notion “ville“ par rapport à nos agglomérations modernes, elles-mêmes composées de villes nouvelles, cités-jardins, banlieues jardins, etc. Elle signale, dans un style bien meilleur que le notre, que la laideur de l’environnement, à cause du rejet de l’idée de l’échec de l’urbanisme moderne du temps de SITTE, fait partie des motifs qui conduisirent cet architecte urbaniste à la rédaction de son célébrissime ouvrage : L’art de bâtir les villes.

La laideur de l’environnement

C’est intéressant de voir à Oran, comment la laideur, qui était en voie d’institutionnalisation pendant les années 1990, sous le couvert du terrorisme, est devenue au jour d’aujourd’hui quelque chose de très officielle.

Oran est un aggloméré de paysages hybrides, sans aucune convenance avec le respect de l’environnement, où les projets médiocres, et sans intérêt d’architecture et d’urbanisme, se multiplient de manière très désordonnée. Ce constat vaut particulièrement pour la périphérie de la ville coloniale. En ce sens, nous remarquons par exemple que les aménagements d’envergure urbaine sont confiés à des architectes, et dans de nombreux cas, à de jeunes architectes qui n’ont eu aucune formation en la matière. Ils ne savent pas ce qu’est un espace urbain, comment l’organiser et l’adapter aux exigences du moment. Leurs interventions se limitent d’une part, à de simples dessins sur papier, très colorés, sans aucun impact positif, ni aucun rapport avec la réalité, et souvent, sans réels desseins, et d’autre part, à de simples réponses techniques aux demandes bureaucratiques de l’administration et ses exigences budgétaires qui appauvrissent les projets déjà pauvres en termes d’idées.

Ainsi, par manque d’idées et à défaut de passion, les commissions consultatives des concours, exclusivement administratives, plutôt incompétentes selon les dires de la plupart des architectes, sont incapables de retenir un bon projet. Elles sont victimes de leur mauvaise réputation : celle de la corruption et celle du désengagement citoyen. Ce qui explique la détérioration de l’environnement urbain, et l’inexistence de projets d’architecture ou d’urbanisme appréciables.

Ce qui est encore plus grave dans ces conditions, c’est d’entendre nos responsables nous déclarer que la laideur est un choix et/ou un passage obligé, une sorte de pis-aller par rapport à la rigidité mal placée du système. En conséquence, dans l’absence d’une réelle volonté politique et par-là, l’inexistence d’une vraie stratégie en terme de pratique et de suivi, dans les domaines de gestion et de développement de l’espace urbain, ne sommes-nous pas au même point que Gaston BARDET lorsqu’il déclarait qu’à : « L’heure actuelle les meilleures bonnes volontés ne peuvent rien en se basant sur les structures municipales actuelles ». En ce sens, puisque l’urbanisme est une véritable science d’observation selon Marcel POETE, le résultat est bien là. Du fait que nous ne pouvons rien attendre de nos administrateurs qui gèrent autre chose que l’air que nous respirons, « Les pouvoirs publics devraient protéger l’air que nous respirons au même titre que l’eau et les aliments que nous consommons. » (Pr. Bordas), il devient légitime de se poser la question sur la nécessité ou le contraire de directions d’urbanisme, des travaux publics, de la protection des forêts, etc. Et à propos de cette dernière, nous regrettons l’édification de son siège à Bir El Djir, une construction affreuse, irrespectueuse de l’environnement, et indigne de la forêt, ou ce qui reste de la forêt au milieu de laquelle cette direction est arrivée. En effet, que pouvons-nous attendre encore une fois d’une direction qui est censée protéger l’environnement forestier et qui ne se dote pas d’un siège plutôt écologique, léger et qui fond dans un paysage verdoyant ?

Sur l’insensibilité de nos responsables

Ce sont les grands architectes qui sont à l’origine des grands concepts d’urbanisme : Le Corbusier, Giovanni, Perret, Gréber, Prost, etc. Et ce sont leurs acolytes qui ont pris en charge les villes qui sont devenues attractives à travers le monde : Berlin, Barcelone et autres. Par ailleurs, de nombreux maires ont pris le relais, et ont fait preuve d’une sensibilité extraordinaire vis-à-vis de leurs municipalités. Comme Bertrand DELANOE qui notait récemment dans son livre La vie, passionnément, « Cette tension entre les exigences des convictions et les nécessités de la gestion m’a toujours préoccupé. Aujourd’hui, j’ai la chance de chercher à la surmonter dans les problématiques passionnantes de la vie parisienne. Nous tentons de toutes les manières possibles de concevoir, au ras du quotidien, une sorte de realpolitik qui ne mette pas entre parenthèses les demandes trop irréalistes, qui s’inspire au contraire de cette part imaginative pour donner du ressort à la gestion. La frustration est parfois au rendez-vous, c’est un fait. Mais quelle satisfaction quand un projet voit le jour ! Ainsi, nous avons légalisé le squat de la rue Rivoli. Ces jeunes artistes, avec leur occupation un peu chimérique et tout à fait illégale de cet immeuble, changeaient l’identité du quartier. La ville l’a donc acheté pour qu’ils y travaillent dans le respect du droit. Ce qui était à l’origine une entreprise un peu folle nous a conduit à trouver une solution efficace pour tout le monde. [..] Il faut chercher à enrichir notre gestion en intégrant les demandes des citoyens, même pour un résultat limité». 

* Architecte -docteur en urbanisme

publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine

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