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Vendredi 30 Mai 2008
 

Les rejets de saumure risquent, assurent des spécialistes, de nuire aux espèces faunistiques du jardin botanique. Une réelle menace de pollution pèse sur le Jardin d’essais du Hamma.

Les ingénieurs de l’Agence nationale de protection de la nature (ANN), qui ont participé à l’atelier international sur la revalorisation du jardin, tenu dimanche à la bibliothèque nationale, en ont la certitude. Les rejets de saumure de la station de dessalement, toute proche, pourraient constituer une menace de pollution, alors qu’elle en faisait auparavant l’objet. « Ces rejets risquent d’affecter à brève échéance la nappe phréatique du jardin et par-là même, les plantes dont une grande partie a disparu (plus de 600 espèces, susurre-t-on) », insiste une ingénieur du bureau d’hygiène communal (BHC) de Belouizdad. Preuve en est, les prélèvements effectués, il y a quatre ans, dans un puits qui fait apparaître un taux élevé de chlore. La mise en fonction de la station, qui produira quelque 200 000 m3/jour d’eau, ne fera, soutiennent-ils, que dégrader encore plus la situation du jardin botanique. Georges El Haddad, directeur général de la station, bat en brèche les affirmations des participants à l’atelier organisé par le mouvement écologique algérien (MEA), en collaboration avec l’Unesco, en relevant que des études d’impact sur l’environnement ont été faites avant que la décision d’investir soit prise. Pour M. El Haddad, s’il y a risque de pollution, c’est la station qui en sera affectée en premier. « Le tuyau de rejet est à 330 m de la côte. L’excès de salinité est perceptible sur 50 m. Après, la salinité redevient normale. « D’ailleurs, la quantité du sel retourne dans le tuyau dans une sorte de circuit fermé », assène-t-il, relevant que le Jardin d’essais, qui est à 200 m plus loin, n’a pas de nappe phréatique. L’eau qui s’y trouve vient de la montagne. Autre problème mis en relief par les participants à la rencontre de dimanche, les infrastructures autoroutières venues se greffer au Jardin botanique. Ghanem Laribi, architecte paysagiste, assure qu’aux différents travaux, qui ont « réduit » l’espace tout au long du XXe siècle, s’est ajoutée l’usine qui obstruera la perspective du jardin, surtout du côté ouest. Pour sa part, M. Azzi, directeur de l’ANN, ne s’est pas gêné en affirmant que les travaux menés « au pas de charge » font peser aussi une menace sur les espèces faunistiques. « Le fait d’installer des candélabres risque de gêner les oiseaux. On en avait à l’époque, mais tout le long des passages périphériques. Et on prenait le soin de les éteindre la nuit », atteste M. Azzi. « Aussi, que l’on cesse de parler de détritus ! », car il n’y en a pas. Les familles qui se trouvaient à l’intérieur du jardin en faisaient leur gagne pain. Ces gens ne doivent pas être traités d’indus occupants. » La réplique de Zeriat, directeur de l’EPA qui s’occupe désormais du jardin du Hamma, a été acerbe : « Les installations lumineuses existaient déjà. Nous n’avons fait que remplacer du vieux par du neuf. »

Nadir Iddir

publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine

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