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Vendredi 30 Mai 2008

Ce qui reste de l’inestimable patrimoine floral que compte le Jardin d’Essai, sauvé in extremis grâce à un plan de réhabilitation, est de nouveau menacé de disparition. Cette menace vient des rejets salins de la gigantesque station de dessalement d’eau de mer d’El Hamma construite sur la face nord du jardin.


Lotfi Mérad - Alger (Le Soir) - La problématique évoquée lors des travaux du premier atelier international sur la valorisation du Jardin d’Essai, organisé par le mouvement écologique algérien avec la contribution de l’Unesco, ouvert hier à la Bibliothèque nationale d’Alger, n’a malheureusement pas trouvé de réponse lors des débats. «Les rejets hypersalins de la station effectués à 350 m du rivage risquent de contaminer la nappe phréatique et de causer la perte d’espèces végétales », avertit Malika Adli, ingénieur au niveau du bureau d’hygiène communal d’Hussein-Dey. Selon elle, une étude réalisée en 2004 a démontré la présence de concentration anormalement élevée de chlore dans l’eau d’un puits situé au niveau de la partie sud du jardin. Les statistiques parlent de pas moins de 600 000 tonnes de saumure qui sont rejetées quotidiennement dans la mer depuis la station de dessalement d’eau de mer d’El Hamma. Les atteintes à l’espace du jardin d’Essai, créé en 1832 sous l’appellation de Pépinière centrale du gouvernement, ne datent pas d’aujourd’hui. A ce sujet, Ghanem Laribi, architecte paysagiste, évoquera la disparition de l’horizon marin et des usages balnéaires du Jardin d’Essai suite à la construction des voies de chemins de fer, de la route moutonnière et l’extension du port durant la période coloniale et, plus tard, avec la construction de l’autoroute et la station de dessalement d’eau de mer et bientôt du tramway. En attendant que le risque de l’hypersalinisation de la nappe phréatique qui constitue la première menace soit réellement pris en compte, le Jardin d’Essai d’El Hamma tente de reprendre vie. Même si les premiers travaux de remise en l’état des lieux ont été effectués avec succès, ce qui permettra de rouvrir ses portes au public «incessamment », reste cependant la mise en place des structures et des équipes scientifiques de recherche, de conservation et d’éducation pouvant permettre au site de retrouver sa première vocation de jardin botanique à travers, notamment, les opérations d’étiquetage des plantes existantes et la mise en place d’une banque de semences. Le directeur du Jardin d’Essai, Abderezzak Zeriat, espère que cet élan continuera.
L. M.

publié par meziane abdellah-palestro dans: amélioration-urbaine

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